Le débat autour de l’avenir politique de l’ancien président Macky Sall et de son éventuel retour au Sénégal continue de susciter de vives réactions. Invité ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026 de la célèbre émission « Grand Jury », Abdoulaye Niane, délégué général de la Delegation Générale à la Rapide Entreprenariat des Rapides (DER/FJ), s’est largement exprimé sur les répercussions d’une telle initiative, mettant en garde contre le risque de rallumer les passions dans un paysage politique encore en pleine recomposition.
Réagissant aux appels répétés de certains cadres de l’ancienne majorité présidentielle incitant Macky Sall à regagner le pays pour reprendre le combat politique, Abdoulaye Niane s’est voulu catégorique : un tel retour ne saurait ébranler l’actuel pouvoir exécutif.
« Le retour de Macky Sall ne pourra pas faire tomber le président Bassirou Diomaye Faye », a affirmé le responsable de la DER/FJ, citant les propos rapportés par Seneweb.
Tout en reconnaissant à l’ancien chef de l’État la stature d’un homme d’expérience, Abdoulaye Niane avertit qu’une réimmersion prématurée dans l’arène politique partisane risquerait d’être interprétée comme une « déclaration d’agressivité », susceptible de raviver inutilement la polarisation politique.
Cette mise en garde intervient dans un contexte politique d’autant plus complexe que le nom de l’ancien président circule activement dans le cadre d’une candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.
Cette ambition internationale avait d’ailleurs donné lieu à une annonce symbolique : une visite à Dakar et une rencontre bilatérale au palais présidentiel avec le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, prévue le 17 juillet 2026. Il s’agissait alors des premiers contacts directs officiels entre les deux hommes depuis la transition et la passation de pouvoir d’avril 2024.
Cette situation place la diplomatie sénégalaise au cœur d’un dilemme moral et stratégique:
Le devoir de solidarité nationale : Pour une partie de l’opinion et des diplomates, soutenir un citoyen sénégalais à la tête de l’instance suprême de l’ONU relève d’une obligation républicaine et d’une fierté nationale.
Le sentiment de trahison : Pour d’autres, notamment les proches des victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, tout soutien institutionnel ou poignée de main cordiale est perçu comme un renoncement aux exigences de justice et de redevabilité.
Face aux accusations de règlements de comptes politiques, le délégué général de la DER/FJ s’est voulu rassurant quant aux intentions des autorités actuelles, rejetant toute logique de revanche systémique.
« Moi, je ne suis pas pour une chasse aux sorcières », a martelé Abdoulaye Niane.
Il a tenu à rappeler que l’État sénégalais, sous la direction de Bassirou Diomaye Faye, a su faire preuve d’esprit républicain en soutenant le positionnement international de son prédécesseur. Toutefois, il a vivement critiqué l’attitude de certains proches de l’ancien régime qui poussent Macky Sall à effectuer un retour politique précoce. Selon lui, ces responsables cherchent avant tout à préserver leurs propres acquis ou positions politiques, plutôt qu’à servir les intérêts supérieurs du pays ou de l’ancien chef de l’État.
En conclusion, Abdoulaye Niane a invité Macky Sall à la hauteur de vue, estimant qu’il serait plus sage pour l’ancien président de préserver le bilan et la mémoire de son passage au pouvoir plutôt que de s’engager à nouveau dans une confrontation partisane stérile.
Interpellé enfin sur la complexité du pouvoir et la gestion des affaires publiques, le responsable de la DER/FJ a livré une réflexion pragmatique sur l’exercice de l’État : il a reconnu que dans les pays en développement, la recherche du résultat et l’obligation d’arbitrage amènent parfois la décision publique à s’écarter des cadres stricts de la régularité et de la légalité.
Par MATAR BAYA DIOP