Alors que le Sénégal s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), plaçant le pays et le continent sous le feu des projecteurs sportifs mondiaux, la scène politique nationale s’enfonce dans une crise institutionnelle d’une rare intensité. Au cœur de la tempête : le rejet par les députés du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Dans des déclarations relayées par Le Témoin et Lactuacho, le ministre du Pétrole et de l’Énergie, Abdourahmane Diouf, tire la sonnette d’alarme et pointe ouvertement la responsabilité de Pastef.
Le calendrier ne pouvait être plus critique. Alors que Dakar s’apprête à recevoir des athlètes, des journalistes et des officialités du monde entier, le ministre du Pétrole et de l’Énergie dénonce ce qu’il qualifie de démarche politique irresponsable.
Selon Abdourahmane Diouf, le refus des parlementaires d’adopter la LFR s’apparente à un « attentat institutionnel » visant délibérément à paralyser le sommet de l’État. Le ministre accuse les cadres de Pastef de vouloir susciter un affrontement politique frontal au moment précis où le Sénégal devrait afficher son unité. L’objectif sous-jacent, selon lui, serait d’empêcher le président Bassirou Diomaye Faye de tirer parti de la visibilité internationale des JOJ et de dépeindre le gouvernement comme incapable d’assurer la gestion d’un grand rendez-vous mondial.
Au-delà de la bataille de communication et des enjeux d’image diplomatique, le blocage parlementaire emporte des répercussions budgétaires colossales. Le projet de texte rejeté par la commission des finances porte sur un montant total de 2 505 milliards de FCFA, intégrant 1 590 milliards de FCFA de crédits de paiement destinés à couvrir des engagements essentiels de l’État.
Cette situation d’incertitude suscite de vives inquiétudes au-delà de la majorité gouvernementale :
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Alerte sur le secteur privé : Aminata Touré a souligné que le blocage issu du rejet en commission des finances menace directement le tissu économique national. Sans la validation de ces crédits, les entreprises privées prestataires de l’État risquent d’accumuler les impayés, mettant en péril des milliers d’emplois.
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Risque de crise énergétique : Le député et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a insisté sur l’impact direct du gel budgétaire pour le secteur de l’énergie. Sans les rallonges prévues dans le PLFR pour compenser les charges pétrolières et maintenir les subventions à l’électricité, la fourniture du marché en combustibles et l’équilibre financier de la Senelec se retrouvent gravement exposés.
En qualifiant le rejet du PLFR d’acte de sabotage institutionnel en pleine période des JOJ, le gouvernement met la pression sur les parlementaires. Alors que la continuité des services publics et le financement des subventions fondamentales ne sont plus garantis à court terme, la recherche d’un compromis d’urgence à l’Assemblée nationale apparaît comme la seule voie pour éviter d’ajouter une crise sociale et financière aux tensions politiques ambiantes.
Par MATAR BAYA DIOP