Dans plusieurs villages du département de Kaolack, l’eau est devenue le nouveau front d’une bataille qui oppose des populations confrontées depuis des années aux difficultés d’approvisionnement et l’administration territoriale, au sujet de mini-forages construits à l’initiative des habitants.
Le sous-préfet de Ndiédieng aurait annoncé la fermeture de plusieurs de ces installations réalisées par les populations dans des villages des communes de Keur Socé et de Ndiédieng.
Une décision qui suscite une vive contestation locale et qui vient désormais de franchir les portes de l’Assemblée nationale.
Le député Guy Marius Sagna s’est saisi du dossier et interpelle directement le gouvernement sur ce qu’il considère comme une situation difficilement acceptable.
Quand les populations prennent leur destin hydraulique en main
À Gniline Goumack, Daga Sambou, Ndiouffène Prethi, Kouthièye, Mbouma ou encore Thiarène, les habitants disent avoir connu des périodes particulièrement difficiles dans l’accès à l’eau potable.
Selon Guy Marius Sagna, plusieurs de ces villages auraient passé plus de six mois sans eau en 2024, situation que le député attribue à des « manquements de Flexeau », l’entreprise chargée de la gestion du service de l’eau dans la zone.
Face à cette situation, les populations auraient décidé de ne plus attendre.
Des mini-forages ont ainsi été installés à leur initiative afin de garantir un accès minimal à l’eau. Pour les habitants concernés, ces ouvrages ne seraient donc pas de simples installations alternatives : ils constituent une réponse directe à une urgence vécue au quotidien.
C’est précisément cette solution locale que la décision administrative de fermeture vient aujourd’hui remettre en cause.
Guy Marius Sagna interpelle le gouvernement
Le député ne ménage pas ses mots. Sur ses plateformes sociales, il met directement en cause les motivations qui pourraient, selon lui, se trouver derrière la décision de fermeture.
« Le sous-préfet de Ndiédieng est-il dans la poche de Flexeau ou le gouvernement du Sénégal est-il dans la poche des chercheurs effrénés de profit dans le secteur de l’eau ? »
Une accusation politique lourde, qui devra naturellement être confrontée aux explications de l’administration et de l’opérateur concerné.
Pour le parlementaire, le problème dépasse toutefois la seule question de ces mini-forages.
Il pose, selon lui, la question fondamentale de la priorité accordée entre l’accès des populations à l’eau et les intérêts économiques liés à la gestion du service public.
Guy Marius Sagna affirme avoir adressé une question écrite au gouvernement afin d’obtenir des explications sur les raisons de la fermeture annoncée et sur les mesures envisagées pour garantir durablement l’approvisionnement en eau des villages concernés.
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