Le bras de fer au sommet de l’État s’intensifie d’un cran. Au lendemain du rejet historique du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 par l’Assemblée nationale ce mardi 3 novembre, la direction du parti au pouvoir est sortie de son silence. Dans un communiqué relayé par Senegal7, le Bureau politique de PASTEF-Les Patriotes a apporté un soutien sans réserve à son groupe parlementaire, assumant pleinement le blocage d’un texte jugé en décalage avec les priorités nationales.
La décision des parlementaires de PASTEF de barrer la route au projet de texte gouvernemental marque un tournant majeur dans la gouvernance actuelle. Loin de s’en désolidariser, le Bureau politique du parti a réaffirmé toute sa confiance à ses élus, légitimant un vote qui concrétise des semaines de tiraillements internes.
Pour la direction de PASTEF, ce refus de valider la LFR 2026 repose sur des divergences de fonds fondamentales. Le parti estime que la monture budgétaire présentée par l’Exécutif ne répond ni aux urgences sociales immédiates des populations, ni aux impératifs de redressement économique du pays.
Cette mise au point du Bureau politique constitue une réponse directe aux récentes sorties de la primature. Le 25 octobre dernier, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô était monté au créneau pour recadrer la majorité parlementaire, l’exortant à consigner ses griefs et propositions par écrit sous forme d’amendements formels.
À cette occasion, le chef du gouvernement avait publiquement accusé les députés de son propre camp d’entretenir une « posture d’obstruction » dommageable pour le fonctionnement des institutions et l’exécution des dépenses publiques.
En alignant sa position sur celle de ses représentants à l’Hémicycle, le Bureau politique de PASTEF rejette implicitement ces accusations et renvoie la balle à l’Exécutif, estimant que la révision de la trajectoire budgétaire constitue un préalable négociable avant tout vote conforme.
Alors que l’économie nationale demeure sous le choc de l’épuisement des fonds de soutien à l’énergie et des incertitudes sur les subventions, ce rejet de la LFR 2026 place le gouvernement dans une équation complexe. Sans l’aval de la majorité parlementaire, la régularisation des ouvertures de crédits et l’apurement des arriérés d’État restent suspendus à la résolution d’un dialogue politique désormais au point mort.
Par MATAR BAYA DIOP
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