L’affaire des déclarations polémiques visant Ousmane Sonko continue de provoquer des réondes de choc au sein de la classe politique sénégalaise. Après le communiqué incendiaire du Bureau politique de PASTEF – Les Patriotes interpellant le parquet de Dakar, c’est au tour du vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, de monter au créneau. Réagissant vivement aux propos attribués à Arona Coumba Ndoffène Diouf, membre du parti présidentiel Kiiraay, le responsable politique alerte sur les risques de déstabilisation démocratique et fixe une « ligne rouge ».
« Une ligne rouge a été franchie »
C’est à travers une prise de parole publique, rapidement relayée par le quotidien Senego, qu’El Malick Ndiaye a fait part de son indignation. Pour le vice-président de la représentation nationale, s’attaquer verbalement au président de l’Assemblée nationale ne relève plus du simple jeu d’opposition, mais d’une atteinte grave à l’édifice républicain.
« Proférer des menaces contre la deuxième personnalité de l’État est un acte d’une extrême gravité, inacceptable dans une République, et qui exige une réponse ferme des institutions compétentes », a-t-il fermement dénoncé.
Estimant qu’« une ligne rouge a été franchie », le responsable politique avertit contre la tentation de laisser s’installer un climat de haine ou d’intimidation dans l’espace public.
Soulignant la fragilité du climat social, El Malick Ndiaye remet en perspective les conséquences que de telles sorties peuvent engendrer pour l’équilibre du pays.
Préservation de la cohésion : « Notre pays connaît le prix des dérives politiques. Nous ne saurions tolérer la banalisation des menaces ni permettre à quiconque de mettre en péril la paix, la stabilité et la cohésion nationale », écrit-il.
Intransigeance des institutions : À l’image de la direction de PASTEF, qui a invité le procureur de la République à se saisir du dossier et interpellé le président Bassirou Diomaye Faye, le vice-président de l’Hémicycle insiste sur l’obligation pour la justice de jouer pleinement son rôle de bouclier républicain.
Tout en réclamant la rigueur de la loi face à ce qu’il qualifie de dérives, El Malick Ndiaye tient à recadrer le combat sur le plan strictement politique. Refusant l’escalade verbale, il invite les adversaires du pouvoir et de la majorité parlementaire à s’affronter dans le respect des règles du jeu démocratique.
« À ceux qui veulent nous combattre, nous donnons rendez-vous dans les urnes ! », lance-t-il à l’adresse de ses opposants, rappelant avec force que « la démocratie se défend par les idées, les arguments et le verdict souverain du peuple, jamais par les menaces ».
Cette sortie au plus haut sommet de l’Assemblée nationale illustre la crispation grandissante entre les soutiens du président de la République, regroupés au sein du parti Kiiraay, et les partisans d’Ousmane Sonko. Alors que le bras de fer politique ne cesse de se durcir, la réponse des autorités judiciaires est désormais scrutée par l’ensemble des acteurs nationaux.
Par MATAR BAYA DIOP