Campus de Saint-Louis (2018) : Le procès de l’assassinat présumé de l’étudiant Fallou Sène s’ouvre ce vendredi au Tribunal militaire

Huit ans après la mort tragique de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène sur le campus de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, le dossier arrive enfin devant les juges. L’audience s’ouvre ce vendredi matin devant le Tribunal militaire de Dakar, sous le regard attentif des organisations de défense des droits humains.

  C’est un procès emblématique et longuement attendu par toute une communauté universitaire et nationale qui démarre aujourd’hui. Ce vendredi matin, la salle 4 du Tribunal de grande instance (TGI) de Dakar accueille l’ouverture du procès du meurtrier présumé de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, sous la juridiction du Tribunal militaire.

Les faits remontent au 15 mai 2018. Ce jour-là, lors d’une manifestation estudiantine à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis pour réclamer le paiement des bourses d’études, de violents affrontements avaient éclaté entre les étudiants et les forces de l’ordre venues évacuer le campus. Au cours de ces interventions, Mouhamadou Fallou Sène, jeune étudiant originaire de Patar, avait été mortellement touché par balle.

Pendant huit années, la famille de la victime et le mouvement estudiantin n’ont cessé de réclamer justice et d’exiger la tenue d’un procès transparent pour faire la lumière sur les circonstances exactes du drame et désigner les responsables.

L’ouverture de cette audience suscite une vive émotion au sein des organisations des droits de l’homme. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a réitéré son « soutien total » à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble des étudiants de l’UGB à l’occasion de cette journée décisive.

Pour marquer leur engagement auprès de la famille de la victime, la société civile déploie un dispositif juridique de premier plan :

 Me Amadou Diallo assurera la représentation d’Amnesty International Sénégal.

 Me Assane Dioma Ndiaye interviendra au nom de la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH).

L’enjeu de cette audience au Tribunal militaire dépasse le seul cadre juridique : il s’agit d’apporter enfin une réponse judiciaire à un drame qui a marqué durablement la mémoire collective universitaire au Sénégal.

Par la rédaction

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