Une couturière de 36 ans a été reconnue coupable d’escroquerie après l’effondrement d’une tontine impliquant notamment des Sénégalaises établies en Italie. Il faut souligner qu’il s’agit ici d’une affaire de tontine à Keur Massar où près de 10 millions de francs CFA ont été engloutis. Malgré ses promesses de remboursement, elle a été condamnée à six mois de prison, dont deux mois ferme.
La confiance placée dans une tontine organisée à Keur Massar aurait coûté plusieurs millions de francs CFA à différentes participantes. Selon L’Observateur, S. Carlos, couturière âgée de 36 ans, a comparu devant le Tribunal des flagrants délits pour une affaire d’escroquerie portant sur près de 10 millions de francs CFA.
La prévenue avait lancé, en décembre 2025, une nouvelle phase d’une tontine à laquelle participaient notamment des Sénégalaises établies en Italie. Elle était accusée d’avoir encaissé les cotisations sans reverser les cagnottes promises à plusieurs adhérentes.
À la barre, S. Carlos a contesté les montants avancés par les parties civiles. Elle a affirmé qu’A. Dianko ne lui avait remis que quatre millions de francs CFA et que D. Camara avait versé 2,2 millions. Selon elle, ces sommes correspondaient aux cotisations réellement payées.
La couturière a expliqué que la tontine s’était brutalement arrêtée lorsque plusieurs membres, après avoir reçu leur propre cagnotte, avaient cessé de verser leurs cotisations. Ces défections auraient provoqué l’effondrement du système et empêché le paiement des participantes qui attendaient encore leur tour. Ainsi, dans le cas de cette tontine à Keur Massar, près de 10 millions de francs CFA ont été engloutis selon le dossier rapporté.
Tout en rejetant l’accusation d’escroquerie, la prévenue s’est engagée à rembourser les plaignantes. Ses déclarations ont cependant été contestées par les victimes.
D. Camara a affirmé avoir participé à une première tontine organisée par S. Carlos avant de s’engager dans une seconde opération, rassurée par les promesses de la gestionnaire. Elle dit avoir versé au total 4,8 millions de francs CFA. Après le dépôt de sa plainte à la gendarmerie de Keur Massar, un million de francs CFA lui aurait été restitué.
Installée en Italie, D. Camara a expliqué avoir effectué trois voyages au Sénégal pour suivre la procédure, en plus de plusieurs déplacements à la gendarmerie. Elle reproche à la prévenue d’avoir multiplié les promesses de paiement, d’abord pour février, puis pour mars, sans jamais les respecter.
A. Dianko, également établie en Italie, a raconté avoir rejoint la tontine sur la recommandation d’une proche de la prévenue résidant dans ce pays. Elle aurait versé 1,2 million de francs CFA au début de chaque mois pendant six mois, dans l’espoir de recevoir à son tour la cagnotte prévue. Là encore, le paiement attendu ne serait jamais intervenu.
Interrogée par le procureur, S. Carlos a livré des versions contradictoires. Elle a d’abord affirmé que seules les deux parties civiles présentes au procès n’avaient pas reçu leur cagnotte. Elle a ensuite reconnu que cinq participantes étaient encore impayées.
La prévenue a expliqué que la tontine regroupait dix souscriptions. Quatre auraient été enregistrées au nom d’une certaine Mbathio, laquelle cotisait également pour trois de ses proches. Chaque participante devait verser 1,2 million de francs CFA par mois pendant onze mois et recevoir, à son tour, une cagnotte de 12,6 millions.
Selon la prévenue, cinq femmes avaient effectivement été payées avant l’effondrement du système en avril 2026. L’avocat des parties civiles a toutefois relevé qu’au cours de l’enquête, S. Carlos avait reconnu devoir de l’argent aux plaignantes avant de revenir sur ses déclarations devant le tribunal.
Lors de plusieurs convocations, elle se serait engagée à rembourser intégralement les sommes dues. La partie civile lui reproche également d’avoir empêché une amie vivant en Italie de financer un remboursement partiel au profit des victimes, préférant poursuivre une médiation après son retour en Europe.
Pour D. Camara, l’avocat a chiffré le préjudice à 3,4 millions de francs CFA, auxquels il a ajouté trois millions correspondant aux billets d’avion et aux frais de séjour engagés pour assister aux audiences. Pour A. Dianko, il a demandé le remboursement de six millions de francs CFA ainsi que quatre millions de dommages et intérêts.
La défense a contesté les montants réclamés, estimant qu’ils n’étaient pas suffisamment justifiés. L’avocat de S. Carlos a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une escroquerie préméditée, mais d’une tontine à Keur Massar ayant englouti près de 10 millions de francs CFA suite à la défaillance de plusieurs membres.
La prévenue a réaffirmé son intention de rembourser les cinq participantes restées impayées et a sollicité la clémence du tribunal. Elle a finalement été reconnue coupable d’escroquerie et condamnée à six mois de prison, dont deux mois ferme.
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