Le feuilleton politique et budgétaire prend une tournure de plus en plus dramatique au Sénégal. Alors que le projet de Loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2026 subit de violents coup d’arrêts à l’Assemblée nationale, l’Alliance pour la République (APR) s’invite au centre de la tempête. Le parti d’opposition annonce une conférence de presse d’urgence ce mercredi 28 octobre à 16 heures.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat de blocage institutionnel inédit, caractérisé par des tensions entre le gouvernement technocratique et la majorité parlementaire.
L’escalade s’est accélérée en deux temps à l’Hémicycle :
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Le rejet initial en commission : Vendredi 23 octobre, la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale rejetait une première fois le projet de rectificatif.
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Le renvoi de mardi : Après de vifs débats, le texte a de nouveau été renvoyé en commission mardi, sans trouver d’accord sur les arbitrages budgétaires.
Ce blocage est principalement alimenté par le refus catégorique du parti PASTEF – Les Patriotes de voter le texte en l’état. La majorité réclame des garanties fermes quant à la préservation des dépenses sociales, à la protection des investissements publics et à la transparence sur la trajectoire de la dette.
Face à la contestation de la majorité parlementaire, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô était monté au créneau lors d’une conférence de presse le dimanche 25 octobre. Défendant des réajustements « dictés par les contraintes économiques », le chef du gouvernement a fait état d’un manque à gagner de 340 milliards de FCFA de recettes, couplé à une hausse de 540 milliards de FCFA de dépenses incompressibles (notamment liées au choc énergétique). Tout en alertant sur les risques d’un blocage pour les entreprises et l’économie, le chef du gouvernement avait appelé les députés à « ne pas punir le peuple ».
Dans les rangs de l’opposition, le ton est déjà monté. Abdou Mbow, figure de l’APR, a vivement dénoncé la posture de PASTEF, qualifiant les tractations et le blocage à l’Assemblée de « cinéma de mauvais goût ».
Dans ce face-à-face tendu entre la Primature et PASTEF, la prise de parole de l’APR à 16 heures est particulièrement guettée. L’ancien parti au pouvoir compte porter le fer contre ce qu’il qualifie de paralysie des institutions et de mauvaise gestion de la crise financière par le nouvel attelage gouvernemental.
L’issue de ces marchandages et la prise de position de l’APR détermineront si un compromis est encore possible avant le passage du texte en séance plénière.
Par MATAR BAYA DIOP
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