La crise sociale s’intensifie à la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS). Réunis en assemblée générale, les travailleurs ont décidé d’observer une grève générale de trois jours, du 31 octobre au 2 novembre 2026. Un débrayage qui coïncide avec le lancement des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre, et qui place la chaîne publique face à un défi de taille.
Le bras de fer avec la direction prend ainsi une nouvelle dimension. Sur les ondes de la RFM, Alioune Badara Kandji n’a pas mâché ses mots à l’égard du directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, qu’il accuse de laisser les agents s’enliser dans une situation sociale de plus en plus difficile.
« Voilà trois ans que Pape Alé nous confisque notre accord d’entreprise. Il nous enfonce dans la précarité la plus absolue », a-t-il dénoncé, pointant également ce qu’il considère comme le maintien des privilèges de la direction, alors que les travailleurs font face à de nombreuses difficultés.
Pour le responsable syndical, cette décision n’est ni improvisée ni dictée par une volonté de confrontation. Elle serait, selon lui, l’aboutissement de plusieurs tentatives de dialogue restées sans issue. Désormais, les agents entendent faire entendre leurs revendications à travers un mouvement de grève qu’ils présentent comme un combat pour leurs droits et leur dignité.
« C’est une question de dignité, c’est une question vitale pour les travailleurs de la RTS qui n’en peuvent plus d’accepter l’inacceptable et le dilatoire », a-t-il martelé, avant d’interpeller directement le président de la République, à qui il demande un « arbitrage rapide » pour sortir de l’impasse.
Les JOJ Dakar 2026 en toile de fond
Le calendrier de cette mobilisation donne à la crise une résonance particulière. À quelques jours du coup d’envoi des JOJ Dakar 2026, la RTS est appelée à jouer un rôle important dans la couverture médiatique de cet événement sportif international. Le débrayage annoncé du 31 octobre au 2 novembre intervient donc à un moment particulièrement sensible pour l’audiovisuel public.
Si les modalités concrètes de la grève et ses conséquences sur le dispositif de couverture ne sont pas précisées, cette mobilisation soulève déjà des interrogations sur la capacité de la chaîne à assurer sereinement ses missions durant les premières journées de la compétition.
Entre revendications sociales, accusations contre la direction et appel à l’intervention présidentielle, le conflit entre les agents et la direction de la RTS entre dans une phase décisive. Reste à savoir si un compromis pourra être trouvé avant le début de la grève, afin d’éviter que ce bras de fer social ne vienne perturber un rendez-vous majeur pour le Sénégal.
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