Le climat politique sénégalais est à l’ébullition. Face à la proposition de révision constitutionnelle qui secoue l’Hémicycle, l’Alliance pour la République (APR) sort de ses gonds. Dans un communiqué incendiaire, le parti de l’ancien président Macky Sall exige le retrait pur et simple du texte, dénonçant une manœuvre qui, selon eux, dénature l’équilibre des pouvoirs au profit de règlements de comptes au sommet de l’État.
Pour les soutiens de Macky Sall, la ligne rouge a été franchie. En s’attaquant aux piliers du régime présidentialiste, la majorité actuelle jouerait un jeu dangereux. L’APR le martèle : la Constitution n’est pas la propriété exclusive d’une majorité parlementaire, aussi puissante soit-elle.
« La Constitution est le pacte fondamental de la Nation ; elle appartient au peuple sénégalais », tonne le parti, qui appelle à une mobilisation générale des forces vives. Pour l’ex-parti au pouvoir, une réforme d’une telle ampleur ne peut se décider en catimini sous le dôme de l’Assemblée ; elle doit être tranchée par le seul souverain : le peuple, via les urnes.
Au-delà de la critique juridique, c’est le procès des priorités du régime Diomaye-Sonko que dresse l’APR. Pour la formation politique, cette agitation constitutionnelle ne serait que le masque d’une crise de leadership au sommet. « Querelles de clocher » ou « contingences conjoncturelles » entre le Président de la République et le patron de l’Assemblée nationale : voilà comment l’opposition qualifie ce qui occupe actuellement le débat législatif.
L’APR renvoie le pouvoir à sa copie :
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La relance économique en berne ;
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La protection du pouvoir d’achat des Sénégalais ;
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La quête d’emploi pour une jeunesse désabusée ;
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L’indépendance de la justice et l’État de droit.
En appelant à la mobilisation, l’APR ne fait pas que contester un texte ; elle tente de reprendre le leadership de la contestation. Ce communiqué sonne comme un cri de ralliement pour une opposition qui cherche à transformer le débat technique en une question de survie démocratique.
La question est désormais posée : le gouvernement acceptera-t-il de reculer, ou le Sénégal se dirige-t-il tout droit vers un blocage politique majeur, où la Constitution devient le principal champ de bataille ?
Le gouvernement fera-t-il preuve de souplesse face à cette levée de boucliers, ou ce forcing législatif est-il le signe d’une volonté inébranlable de redessiner seul les contours de la République ?