S’exprimant lors d’un entretien accordé à des médias, Ousmane Sonko est revenu sur les raisons qui placent aujourd’hui l’Assemblée nationale au cœur de l’actualité. Le président de l’Assemblée nationale a notamment évoqué les insuffisances qu’il dit avoir constatées durant les deux premières années de la législature.
Ousmane Sonko rappelle que son souhait initial était de rejoindre l’institution parlementaire. Toutefois, des discussions au sein de Pastef avaient finalement conduit à son maintien à la Primature. À cette période, Malick Ndiaye dirigeait l’Assemblée nationale. Sonko estime que ce dernier y avait « fait un travail colossal ».
Alors qu’il était encore Premier ministre, Ousmane Sonko affirme avoir déjà appelé les députés de la majorité à assumer pleinement leur mandat. « Je n’ai pas attendu d’être à l’Assemblée pour dire à la majorité de Pastef : vous êtes des élus du peuple. Si l’Exécutif traîne, vous devez veiller », explique-t-il.
De retour à l’Assemblée nationale, le président de l’institution estime que certaines prérogatives parlementaires n’ont pas été suffisamment exercées au cours des deux premières années. Il cite notamment l’absence de commission d’enquête parlementaire et le faible niveau d’initiative dans la production des lois.
« L’Assemblée a fait deux ans et n’a pas initié de commission d’enquête parlementaire. En termes d’initiative de la loi, c’était un peu à la traîne », constate-t-il.
Ousmane Sonko dénonce également une tendance des députés à attendre les initiatives de l’Exécutif au lieu de prendre eux-mêmes des initiatives législatives. Il compare, à ce propos, le fonctionnement du Parlement sénégalais à celui de la France, où, selon lui, « 70 % des initiatives émanent des députés ».
Autre point soulevé par le président de l’Assemblée nationale : le contrôle de l’action gouvernementale. « Il y avait aussi un manquement sur le contrôle de l’action du gouvernement. Ça pose problème », déplore-t-il.
Pour Ousmane Sonko, ces insuffisances doivent désormais être corrigées afin de renforcer le rôle du Parlement. « C’est ce que nous sommes en train de compléter, et ça met l’Assemblée au cœur de l’actualité », conclut-il.