La visite de Bassirou Diomaye Faye à New York ne s’est pas déroulée sous le seul signe des applaudissements.
Alors que le chef de l’État sénégalais est arrivé lundi 21 septembre dans la métropole américaine pour prendre part à la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale des Nations unies, une partie de la diaspora sénégalaise a choisi de faire entendre une voix résolument contestataire.
Dans les rues de New York, des compatriotes se réclamant de la mouvance des « patriotes » ont organisé une manifestation à l’occasion du passage du président de la République.
Dans une ambiance tendue, les manifestants ont exprimé leur désapprobation à l’égard du chef de l’État, allant jusqu’à le huer et à l’interpeller avec le qualificatif particulièrement lourd de « traître ».
Une séquence qui illustre, jusque dans la diaspora, les profondes fractures politiques apparues au Sénégal ces derniers mois.
Une colère qui traverse l’Atlantique
Pour ces manifestants, le déplacement présidentiel à New York constituait une occasion de faire entendre leur mécontentement.
Leur mobilisation traduit surtout une rupture politique désormais visible au-delà des frontières sénégalaises.
Le terme « traître », scandé lors de la manifestation, renvoie à une accusation politique formulée par une partie des anciens soutiens du pouvoir à l’endroit de Bassirou Diomaye Faye.
Il s’inscrit dans le contexte de la crise politique qui oppose désormais le président de la République à son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que dans les tensions qui traversent leur ancien espace politique commun.
La presse internationale a d’ailleurs documenté, ces derniers mois, cette rupture et l’usage de cette accusation au sein de certains milieux militants.
Cette coexistence, le même jour, de manifestations de soutien et de protestations illustre la diversité des positions au sein de la communauté sénégalaise établie aux États-Unis.
La diaspora, longtemps considérée comme un relais important de l’influence politique sénégalaise à l’étranger, apparaît aujourd’hui comme un espace où se reproduisent les lignes de fracture qui traversent le débat national.
Le président à l’épreuve d’une séquence internationale
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette étape new-yorkaise intervient dans un agenda diplomatique particulièrement chargé.
Après Washington et Abu Dhabi la semaine précédente, le chef de l’État participe à la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, prévue du 22 au 28 septembre. La Présidence indique que le déplacement vise notamment à porter la voix du Sénégal auprès de la communauté internationale.
La contestation observée à New York vient donc ajouter une dimension politique intérieure à un déplacement essentiellement consacré à la diplomatie internationale.
À l’extérieur du pays comme à Dakar, le chef de l’État doit désormais composer avec un paysage politique profondément recomposé depuis la rupture avec Ousmane Sonko.
Une situation qui donne une résonance particulière aux scènes observées dans la diaspora.
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