Capitale économique et vitrine du Sénégal, Dakar fait face à un phénomène qui suscite de plus en plus d’inquiétudes : la recrudescence de la mendicité, l’occupation anarchique de l’espace public et l’accumulation des déchets dans plusieurs quartiers. Pour de nombreux habitants, ces réalités contribuent à dégrader le cadre de vie et l’image de la capitale.
Dans les principales artères de Dakar, aux carrefours, devant les marchés, les mosquées et les feux de signalisation, les mendiants sont de plus en plus visibles. Femmes, hommes, enfants et personnes âgées sollicitent quotidiennement la générosité des passants, tandis que les trottoirs sont parfois occupés par des installations informelles qui compliquent la circulation des piétons et des automobilistes.
Cette situation relance le débat sur la gestion de l’espace public. Plusieurs Dakarois estiment que les efforts engagés il y a quelques années pour assainir les rues semblent s’être essoufflés. Beaucoup évoquent notamment les opérations conduites sous l’ancien ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, durant lesquelles des campagnes de déguerpissement et de libération de certains espaces publics avaient été menées afin de rétablir l’ordre dans plusieurs zones de la capitale.
Depuis l’installation du nouveau gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, avec le ministre de l’Intérieur, matar cissé , les critiques de certains citoyens portent sur une perception d’un retour de ces occupations irrégulières et d’une présence accrue de la mendicité dans les espaces publics. Ces appréciations relèvent du débat public et peuvent faire l’objet de points de vue divergents.
La présence de personnes étrangères parmi les mendiants ou les occupants de certains espaces est également évoquée dans le débat public. Toutefois, il convient de rappeler que la mendicité et l’occupation irrégulière de l’espace public ne peuvent être attribuées à une nationalité en particulier. Les causes de ces phénomènes sont multiples, notamment la pauvreté, les migrations régionales, la précarité économique et l’absence de solutions durables pour les personnes les plus vulnérables.
Au-delà de la mendicité, l’insalubrité demeure un sujet de préoccupation. Dépôts sauvages d’ordures, trottoirs encombrés, commerces installés sans autorisation et occupation désordonnée de certaines voies publiques alimentent un sentiment de désordre urbain. Pour de nombreux habitants, ces difficultés nuisent non seulement au quotidien des Dakarois, mais aussi à l’attractivité touristique et économique de la capitale.
Des urbanistes et des acteurs de la société civile rappellent cependant que la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. Si l’application de la réglementation est nécessaire pour préserver l’ordre public, elle doit s’accompagner de politiques sociales visant à lutter contre la pauvreté, à améliorer la prise en charge des personnes en situation de grande précarité et à proposer des alternatives aux activités informelles.
Face à ces défis, les citoyens appellent les autorités à renforcer les opérations de libération des espaces publics, à améliorer la gestion de la propreté urbaine et à faire respecter les règles d’occupation du domaine public. Ils souhaitent également une meilleure coordination entre les services de l’État, les collectivités territoriales et les forces de sécurité afin de restaurer un cadre de vie plus sain et plus ordonné.
Préserver l’image de Dakar, assurer la sécurité des usagers et améliorer les conditions de vie des populations figurent parmi les attentes exprimées par une partie de l’opinion. Pour beaucoup, le défi consiste désormais à concilier fermeté dans l’application des règles et réponses sociales adaptées aux causes profondes de ces phénomènes, afin que la capitale sénégalaise retrouve pleinement son attractivité et son dynamisme.
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