C’est là que commence le véritable malaise. Entre la légalité et la légitimité, la frontière peut devenir dangereusement étroite. Une majorité peut être parfaitement fondée, juridiquement, à exercer ses prérogatives. Mais l’exercice légal d’un pouvoir ne doit jamais conduire à fragiliser l’équilibre institutionnel.
Encore moins à installer durablement le pays dans une logique de confrontation entre institutions. Le Sénégal n’a pas besoin d’un nouveau duel au sommet. Il a besoin de stabilité, de clarté et d’institutions suffisamment fortes pour survivre aux querelles d’hommes.
Car derrière le feuilleton Diomaye-Sonko, c’est bien la République qui est en jeu. Le plus préoccupant serait que la compétition politique finisse par prendre le dessus sur l’intérêt général. Ce climat reflète pourquoi ce duel institutionnel entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, en ce jour fatidique de mardi, suscite tant d’inquiétudes.
Le président Bassirou Diomaye Faye a été élu par suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Il lui reste encore trois années pour exercer sa mission que les Sénégalais lui ont confiée. Cette réalité démocratique devrait imposer à tous, majorité comme opposition, un principe simple : on peut contester, critiquer, contrôler et même s’opposer, mais sans transformer les institutions en champs de bataille.
Risques d’une crise politique permanente
L’épisode du jour doit donc être regardé avec gravité. Il ne s’agit pas seulement de savoir qui remportera le nouveau bras de fer. Il faut surtout éviter que le pays ne s’installe dans une crise politique permanente, où chaque institution chercherait à prendre le dessus sur l’autre. D’ailleurs, ce mardi pourrait être déterminant puisqu’il s’agit d’un duel institutionnel aux enjeux majeurs entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.
Les amitiés politiques peuvent mourir. Les alliances peuvent se défaire. Les ambitions peuvent s’affronter. Mais la République doit rester debout. C’est pourquoi l’urgence n’est peut-être plus de savoir une entente entre deux hommes, mais de sauver la République des querelles divergentes.
Diomaye et Sonko peuvent avoir des chemins politiques différents. Ils peuvent même entrer dans un rapport de force. Mais leurs désaccords ne doivent jamais devenir ceux de l’État, ni hypothéquer les trois années de mandat qui restent au président élu. Ainsi, ce jour fatidique de mardi prend toute son importance dans le duel institutionnel ouvert entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Le Sénégal mérite mieux qu’un nouvel épisode du cimetière des amitiés politiques. Il mérite que la légalité reste au service de la légitimité populaire et que les institutions demeurent plus fortes que les hommes. Le pays est à la croisée des chemins : pourquoi ce mardi, jour fatidique, est aussi marqué par le duel institutionnel entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.