La vive inquiétude gagne le nord du pays. La mystérieuse infection signalée il y a quelques jours dans le département de Kébémer connaît une progression fulgurante. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce vendredi, le bilan est rapidement passé de 129 à 420 personnes infectées. L’épidémie ne se limite plus à son foyer initial : un cas suspect a été enregistré à Touba et 22 autres ont été répertoriés à Ngaye Mékhé.
Les premières enquêtes épidémiologiques menées sur le terrain fournissent un indice déterminant. Selon le journal, 100 % des patients consultés ont affirmé avoir fréquenté le marché hebdomadaire (Louma) de Kébémer qui s’est tenu lundi dernier. Cette convergence totale oriente en priorité les épidémiologistes vers l’hypothèse d’une intoxication alimentaire ou hydrique de grande ampleur contractée lors du rassemblement commercial.
Face à l’explosion du nombre de cas, les infrastructures locales sont poussées dans leurs retranchements. Devant la saturation rapide du centre de santé de Kébémer, les autorités ont déployé des moyens exceptionnels. L’armée nationale ainsi que des structures sanitaires privées de la région ont été appelées en renfort pour prêter main-forte au personnel médical et assurer la prise en charge des malades.
Afin d’éclaircir l’origine exacte de ce mal, plusieurs fronts d’investigation scientifique ont été ouverts :
Qualité de l’eau : La compagnie Sen’Eau procède actuellement à des prélèvements et analyses poussés sur le réseau de distribution d’eau local.
Examens biologiques : Les laboratoires du ministère de la Santé et de l’Action sociale analysent les échantillons prélevés sur les patients pour déterminer la nature de l’agent pathogène (bactérie, virus ou toxine).
Malgré cette hausse spectaculaire des contaminations, les autorités médicales appellent au calme. Cité par L’Observateur, le directeur régional de la santé de Louga, le Dr Moustapha Faye, indique qu’aucun décès ni aucune complication majeure n’ont été enregistrés à ce stade. La prise en charge clinique des patients permet pour l’heure de stabiliser l’état des personnes touchées en attendant les résultats définitifs des laboratoires.
Par MATAR BAYA DIOP