Le séisme judiciaire tant redouté par l’accusation a eu lieu. Ce 27 janvier 2026, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a balayé d’un revers de manche la procédure visant Samuel Amète Sarr. En annulant son renvoi en correctionnelle et en ordonnant sa mise en liberté immédiate, les magistrats viennent de porter un coup d’arrêt brutal à une instruction désormais jugée chancelante.
L’ANNULATION : UN CAMOUFLET POUR L’ACCUSATION
Le verdict est tombé comme un couperet sur le bureau des parties civiles. La Chambre d’accusation, après examen minutieux des griefs soulevés par la défense, a estimé que les fondements juridiques ayant conduit à l’incarcération de l’ancien ministre de l’Énergie n’étaient pas « suffisamment établis ».
En clair : la procédure a été jugée irrégulière. Ce n’est pas seulement une victoire pour Samuel Sarr, c’est un véritable désaveu pour l’orientation judiciaire donnée jusqu’ici au dossier West Africa Energy. Les magistrats ont mis un terme définitif à la mesure judiciaire privative de liberté, permettant à l’ancien ministre de quitter les liens de la détention.
UN REVERS CINGLANT POUR LES PARTIES CIVILES
Pour les plaignants dans l’affaire West Africa Energy, la pilule est amère. Alors qu’ils espéraient un procès public pour faire la lumière sur les enjeux financiers et énergétiques du dossier, l’annulation de la procédure jette un voile de doute sur la régularité du travail d’instruction mené jusque-là.
Saluée comme un « tournant décisif » par les avocats de Samuel Sarr, cette décision conforte la stratégie de l’ancien ministre qui, depuis le premier jour, dénonçait des manquements procéduraux majeurs et une instruction qu’il jugeait à charge.
L’OMBRE SUR LA PROCÉDURE : UNE JUSTICE FRAGILISÉE ?
Cette annulation n’est pas qu’une simple libération ; c’est une remise en question de la chaîne de commandement judiciaire dans cette affaire complexe.
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L’invalidité : Le dossier d’accusation s’est effondré face à la rigueur de la Cour d’appel.
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Le doute : Cette décision jette un discrédit sur la conduite des investigations préalables, fragilisant l’ensemble de l’édifice bâti contre l’ancien ministre.
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L’avenir : West Africa Energy devient désormais un dossier « fantôme » dont la poursuite semble compromise, à moins d’une reprise totale de la procédure sur des bases juridiques enfin solides.
« La justice a parlé le langage du droit pur. Cette annulation rappelle que l’on ne peut pas bâtir une condamnation sur des sables mouvants procéduraux. » — Analyse d’un proche du barreau de Dakar.
L’OEIL DU REPORTER
L’affaire Samuel Sarr ne fait que confirmer la tension actuelle entre le désir de reddition de comptes et le respect scrupuleux des procédures. En invalidant ce renvoi en correctionnelle à la date symbolique du 27 janvier, la Cour d’appel envoie un signal fort : aucune tête d’affiche ne peut être jugée si l’enquête initiale est entachée d’irrégularités. Samuel Amète Sarr sort de cette épreuve avec une ligne de défense validée par les plus hautes instances de recours.
Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24