Devant la représentation nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a placé la question de la dette au cœur du diagnostic de la situation économique du Sénégal.
Derrière les chiffres vertigineux et les arbitrages budgétaires, c’est l’héritage d’une dette longtemps sous-estimée ou insuffisamment déclarée qui continue de peser lourdement sur les marges de manœuvre de l’État.
Une situation qui oblige désormais le gouvernement à conjuguer rigueur budgétaire, restructuration de la dette et recherche de financements.
Le Sénégal face à son passif. En présentant sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô intervient dans un contexte économique particulièrement tendu, marqué par une dette publique devenue l’un des principaux obstacles à la conduite de l’action gouvernementale.
Au centre de cette équation : la découverte, à partir de 2024, d’engagements financiers qui n’avaient pas été correctement reflétés dans les données officielles. Le phénomène, rapidement désigné dans le débat public sous le terme de « dette cachée », a profondément bouleversé les équilibres financiers du pays.
L’ampleur de la révision a été considérable. Selon les données rapportées par Reuters, la dette publique du Sénégal atteignait environ 119 % du PIB à la fin de 2024 pour le périmètre de la dette souveraine, et environ 131 % en intégrant certaines dettes des entreprises publiques et les arriérés.
Une dette qui a changé le destin économique du pays
Pour le gouvernement, cette situation ne relève pas d’un simple problème comptable. Elle a des conséquences très concrètes sur la capacité de l’État à financer ses politiques publiques.
Lorsque la dette augmente fortement, une part croissante des recettes publiques est consacrée au remboursement du principal et au paiement des intérêts. L’État dispose alors de moins de ressources pour investir dans les infrastructures, l’éducation, la santé, l’emploi ou encore la protection sociale.
C’est précisément ce cercle vicieux que l’équipe d’Al Aminou Lô tente désormais de briser.
Le gouvernement a officiellement lancé, le 1er septembre, son Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). L’objectif affiché est de restaurer progressivement la soutenabilité des finances publiques et de retrouver un cadre budgétaire plus crédible.