Le député du PUR ne cache plus son amertume. En dénonçant le silence d’Ousmane Sonko face aux attaques visant Serigne Moustapha Sy, Cheikh Tidiane Youm ravive une vieille question : que reste-t-il des liens tissés au temps de Yewwi Askan Wi, lorsque les combats étaient communs et que les solidarités politiques semblaient indéfectibles ?
Il y a des silences qui en disent parfois davantage que de longs discours.
Celui d’Ousmane Sonko face aux attaques visant Serigne Moustapha Sy semble désormais être devenu, aux yeux du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), l’un de ces silences devenus trop lourds à porter.
Cheikh Ahmed Tidiane Youm, député du PUR, secrétaire général du parti et proche collaborateur de Serigne Moustapha Sy, vient de mettre les pieds dans le plat.
Sans détour, il dit sa douleur devant ce qu’il considère comme une campagne d’attaques contre le guide religieux et politique. Mais surtout, il interpelle Ousmane Sonko sur son silence.
Et derrière cette sortie, ce n’est pas seulement une personne qui est mise en cause.
C’est une mémoire politique commune qui est convoquée.
« Le mutisme de Sonko me fait mal »
La phrase de Cheikh Tidiane Youm est lourde de sens.
Il ne reproche pas simplement à Ousmane Sonko de ne pas avoir réagi à une polémique. Il lui rappelle une histoire.
Une histoire faite de combats, de solidarité et de fidélité politique.
Le responsable du PUR rappelle notamment le soutien apporté par Serigne Moustapha Sy à Ousmane Sonko, depuis les premières années de Yewwi Askan Wi jusqu’aux périodes les plus difficiles traversées par le leader de Pastef.
Selon les propos rapportés, Cheikh Tidiane Youm déplore particulièrement que celui qui a bénéficié de cette solidarité reste silencieux alors que son ancien partenaire politique est aujourd’hui la cible d’attaques.
La question posée est donc beaucoup plus profonde qu’une simple querelle entre responsables politiques.
Lorsque Sonko était poursuivi, emprisonné ou politiquement menacé, ses alliés montaient régulièrement au front.
Le PUR et ses responsables n’étaient pas absents de cette bataille.
C’est précisément cette mémoire que Cheikh Tidiane Youm remet aujourd’hui sur la table.
Une dette politique qui ne se rembourse pas avec des postes
Il serait toutefois réducteur de ramener cette affaire à la seule question des récompenses politiques.
La politique sénégalaise est habituée aux alliances de circonstance, aux divorces et aux retrouvailles.
Mais certaines solidarités dépassent la distribution des responsabilités.
Elles touchent à la parole donnée.
Au respect.
À la reconnaissance.
À la mémoire des combats menés ensemble.
Serigne Moustapha Sy n’était pas un simple spectateur de la recomposition politique qui a conduit à l’arrivée de Diomaye Faye et de Sonko au pouvoir.
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