Affaire « Kocc Barma » : Plus de 120 000 fichiers pornographiques récupérés, de lourdes charges pèsent sur son complice présumé

L’instruction dans l’affaire « Kocc Barma » franchit une étape décisive. Selon les révélations de Libération, les expertises techniques de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) ont permis d’extraire près de 300 Go de données des plateformes incriminées et de mettre à jour de nouvelles preuves accablantes contre son complice présumé, « Leuk Daour ».

L’étau judiciaire continue de se resserrer autour d’El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », et de ses réseaux. Dans son édition de ce mercredi 21 octobre, le quotidien Libération dévoile les résultats spectaculaires des expertises techniques ordonnées par le doyen des juges et menées par les spécialistes de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).

Les enquêteurs sont parvenus à s’introduire au cœur du système en récupérant près de 300 gigaoctets (Go) de données hébergées sur les serveurs des sites web incriminés, à savoir babiporno.com et boydakar.com.

Une moisson colossale de 129 564 fichiers numériques

L’analyse approfondie de cette masse de données a permis de mettre au jour un répertoire effarant : un total de 129 564 fichiers pornographiques a été extrait par les limiers de la cybercriminalité. Dans le détail, les experts ont dénombré 71 218 fichiers stockés sur le premier site (babiporno.com) et 58 346 sur le second (boydakar.com).

Ces chiffres vertigineux illustrent l’ampleur industrielle de l’exploitation de contenus intimes et d’extorsion à laquelle se livrait le réseau.

L’ordinateur de « Kocc Barma » parle : « Leuk Daour » piégé par les preuves

Mais les découvertes des techniciens de la police ne s’arrêtent pas là. L’exploitation de l’ordinateur portable saisi lors de l’interpellation de « Kocc Barma » a livré des indices matériels majeurs qui compromettent directement son complice présumé, El Hadji Assane Demba, connu sous le pseudonyme de « Leuk Daour ».

Selon Libération, les enquêteurs ont notamment découvert dans la mémoire de la machine :

La copie de la carte nationale d’identité d’une victime présumée de chantage ;

Un fichier électronique contenant un courriel associé à El Hadji Assane Demba.

Ce document numérique s’avère crucial pour la suite de la procédure : il établit un lien direct entre M. Demba et le pseudonyme « Leuk Daour », utilisé sur les réseaux sociaux et applications de messagerie pour harceler et extorquer des victimes. De plus, ces traces numériques attestent d’échanges et de contacts réguliers entre les deux mis en cause, ce qui vient contredire frontalement les déclarations d’El Hadji Assane Demba, qui tentait jusqu’ici de minimiser ses relations avec le cerveau présumé.

Pour rappel, cette affaire hors norme avait connu un tournant majeur lors de l’arrestation d’El Hadji Babacar Dioum en juillet 2025 à Dakar. L’opération, menée par la DSC avec le soutien tactique de la Brigade d’intervention polyvalente (BIP), était l’aboutissement de plusieurs mois d’investigations techniques et financières poussées.

Quelques jours après cette première arrestation, son complice présumé, El Hadji Assane Demba, avait été cueilli par les forces de l’ordre à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à destination de Milan.

Avec ces nouvelles révélations techniques transmises au doyen des juges, le dossier d’instruction se dote d’éléments matériels solides en vue du futur procès.

Par MATAR BAYA DIOP

Related posts

JOJ Dakar 2026 : « Le Sénégal est prêt » — L’entretien exclusif avec Bassirou Diomaye Faye

Découverte macabre à la plage de Gadaye : Deux jambes humaines retrouvées, le reste du corps introuvable

Bras de fer autour de la LFR 2026 : les négociations achoppent sur deux points importants entre Pastef et le gouvernement