À partir de 13 heures précises, Farba Ngom retiendra son souffle. La deuxième chambre pénale de la Cour suprême examine ce lundi le pourvoi formé par le maire des Agnam contre l’arrêt de la Chambre d’accusation ayant ordonné son transfert dans un centre hospitalier, alors que la défense plaidait pour une liberté provisoire. Une audience à fort enjeu, qui pourrait infléchir le cours d’un dossier aussi sensible que retentissant.
Incarcéré depuis le 27 février 2025, l’édile, figure politique bien connue et cadre de l’Alliance pour la République (APR), est au cœur de ce que l’opinion publique a désormais baptisé « l’affaire des 125 milliards ». En cause : des transactions financières jugées suspectes, mises au jour par un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Les chefs d’inculpation sont lourds : association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux.
Mais au-delà du fond judiciaire, c’est l’état de santé du prévenu qui cristallise aujourd’hui les débats. Une expertise médicale, suivie d’une contre-expertise, a conclu à une incompatibilité entre son état physique et la détention carcérale. Malgré ces avis concordants, le magistrat instructeur avait opté pour un placement au Pavillon spécial, structure pénitentiaire réservée aux détenus nécessitant une prise en charge médicale.
Saisie par la défense, la Chambre d’accusation avait ensuite infléchi cette décision, ordonnant le transfert de Farba Ngom dans un centre hospitalier. Une mesure jugée insuffisante par ses avocats, qui y ont vu une demi-victoire et ont aussitôt introduit un pourvoi, espérant convaincre la Cour suprême d’accorder à leur client une liberté provisoire.
Ce lundi, la haute juridiction devra donc trancher : maintenir la logique de l’incarcération aménagée pour raisons médicales ou ouvrir la porte à une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Dans un contexte où les affaires de gouvernance financière sont scrutées avec une vigilance accrue, la décision attendue est lourde de symboles, autant pour la justice sénégalaise que pour la classe politique.
À 13 heures, bien au-delà du sort personnel de Farba Ngom, c’est un signal fort que la Cour suprême est appelée à envoyer.
Mariata beye pour sunugal 24