Le vent tourne pour l’ancien ministre de la Jeunesse. Alors qu’il circulait sous bracelet électronique, Pape Malick Ndour voit son horizon judiciaire s’assombrir brutalement. Dans un arrêt retentissant, la Chambre d’accusation financière vient d’annuler sa mesure de surveillance, ouvrant grand les portes de la citadelle pénitentiaire. Mais entre l’ordonnance et la cellule, la défense a dégainé son ultime bouclier : la Cour suprême.
LE REVIREMENT : LE BRACELET NE SUFFIT PLUS
C’est un véritable coup de semonce qu’a envoyé la Chambre d’accusation financière du tout nouveau Pool judiciaire financier (PJF). Saisie du cas de Pape Malick Ndour dans l’épais dossier du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC), la juridiction a estimé que la surveillance électronique n’était plus une réponse adéquate.
En invalidant cette mesure de faveur, les magistrats financiers signalent une accélération majeure de la procédure. Pour l’accusation, la gravité des faits reprochés dans la gestion des deniers publics liés au PRODAC justifierait désormais une incarcération ferme le temps que l’instruction se poursuive.
LA COUR SUPRÊME : L’ULTIME REMPART DE LA DÉFENSE
À peine le verdict de la Chambre d’accusation connu, la riposte des conseils de l’ex-ministre ne s’est pas fait attendre. Dans une manœuvre juridique classique mais décisive, les avocats de Pape Malick Ndour ont annoncé un pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
Ce recours est loin d’être anodin :
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Effet suspensif : En droit sénégalais, le pourvoi bloque l’exécution de la mesure privative de liberté tant que la haute juridiction n’a pas tranché.
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Le sursis : Pape Malick Ndour reste donc libre — ou sous son régime actuel — jusqu’à nouvel ordre.
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L’enjeu : La Cour suprême devra dire si la Chambre d’accusation a respecté les formes du droit en ordonnant ce revirement spectaculaire.
L’AFFAIRE PRODAC : LE SPECTRE DES COMPTES À RENDRE
Le dossier PRODAC, véritable serpent de mer de la politique sénégalaise, entre dans une phase de concrétisation technique sous l’ère du Pool judiciaire financier. Derrière le sort de Pape Malick Ndour, c’est toute la crédibilité de la nouvelle architecture de lutte contre la corruption qui se joue.
Pour les observateurs, ce duel entre la Chambre d’accusation (qui veut l’écrou) et la défense (qui joue le temps long du droit) illustre la tension permanente entre la volonté de reddition de comptes promise par les nouvelles autorités et la présomption d’innocence protégée par les verrous procéduraux.
« Nous sommes dans une bataille de procédures où chaque virgule du Code de procédure pénale compte. Mon client reste serein et fait confiance à la sagesse de la Cour suprême pour rétablir le droit. » — Déclaration d’un membre de la défense.
L’OEIL DU REPORTER
L’ancien ministre échappe pour l’instant de justesse au mandat de dépôt. Cependant, ce revers devant le Pool financier montre que le parquet ne compte pas lâcher prise. Si la Cour suprême rejette le pourvoi dans les semaines à venir, Pape Malick Ndour n’aura plus de parapluie juridique pour éviter l’incarcération.
Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24