« Un étudiant, un ordinateur » : Moundiaye Cissé demande à l’OFNAC d’ouvrir une enquête

Le dossier « Un étudiant, un ordinateur » continue de susciter des interrogations sur la gestion des ressources publiques. Moundiaye Cissé, membre de l’ONG 3D, appelle l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) à s’autosaisir afin de faire la lumière sur les fonds mobilisés dans le cadre de ce programme controversé.

Le débat autour du programme « Un étudiant, un ordinateur » prend une nouvelle dimension. Alors que les interrogations se multiplient sur la gestion des finances publiques, Moundiaye Cissé, de l’ONG 3D, estime que le dossier mérite d’être examiné au-delà du seul champ politique.

Son appel est clair : l’OFNAC doit s’autosaisir du dossier et mener ses propres investigations sur les conditions de mise en œuvre du programme, les ressources qui lui ont été consacrées et, plus largement, sur l’utilisation des fonds publics mobilisés à cet effet.

Pour Moundiaye Cissé, l’importance des sommes engagées justifie une vérification approfondie. L’enjeu, insiste-t-il, est de permettre à l’opinion publique de connaître avec précision la destination des ressources, les mécanismes de gestion retenus et, le cas échéant, d’identifier d’éventuelles irrégularités.

Le risque d’une lecture politique

Cette demande intervient dans un contexte où des initiatives parlementaires sont engagées autour de la gestion des finances publiques et des ressources naturelles. Moundiaye Cissé dit saluer ces démarches, qu’il considère comme nécessaires au renforcement du contrôle démocratique.

Mais il met en garde contre une éventuelle lecture exclusivement politique des conclusions qui pourraient être tirées d’une commission parlementaire.

Son raisonnement repose sur un principe simple : plusieurs institutions de contrôle examinant les mêmes faits peuvent contribuer à renforcer la crédibilité des résultats. Une enquête parlementaire, de par sa nature, s’inscrit dans le débat politique et institutionnel. Une investigation menée par l’OFNAC obéirait, elle, à une logique différente, fondée sur ses prérogatives en matière de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption.

Croiser les enquêtes pour renforcer la transparence

Pour le responsable de l’ONG 3D, le croisement des deux démarches permettrait ainsi de confronter les éléments recueillis, de vérifier les informations disponibles et d’offrir à l’opinion une lecture plus complète du dossier.

L’objectif ne serait donc pas de substituer une enquête à une autre, mais de faire jouer la complémentarité entre les mécanismes de contrôle.

Dans une affaire où des fonds publics importants sont en jeu, cette exigence de transparence apparaît centrale. Les citoyens sont en droit de savoir comment les ressources publiques ont été mobilisées, selon quelles procédures et pour quels résultats.

Au-delà des controverses et des prises de position politiques, reste ainsi une question essentielle : les fonds consacrés au programme « Un étudiant, un ordinateur » ont-ils été utilisés conformément aux objectifs et aux procédures prévus ?

C’est précisément à cette question que l’OFNAC pourrait être appelé à répondre si l’institution décidait de s’autosaisir du dossier.

Pour Moundiaye Cissé, une telle démarche contribuerait surtout à sortir le dossier du terrain des accusations croisées et à le replacer sur celui des faits, des documents et de la reddition des comptes.

Dans un contexte de vigilance accrue sur la gestion des deniers publics, l’ouverture d’une enquête indépendante pourrait ainsi constituer un signal fort : celui d’une volonté de faire toute la lumière sur les dossiers sensibles, sans préjuger des responsabilités avant que les vérifications nécessaires n’aient été menées.

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