Tempête au Triangle Sud : Thierno Dramé lève le voile sur la crise ouverte à la RTS

Mépris syndical, salaires gelés, dialogue au point mort : sur le plateau de Sunugal 24, le journaliste et délégué syndical El hadji Thierno Dramé vide son sac. Loin des querelles de salon, il raconte de l’intérieur le face-à-face tendu entre les agents du service public et leur directeur général, Pape Alé Niang.

Dans les couloirs du Triangle Sud, l’ambiance n’a plus rien d’un long fleuve tranquille. Derrière le vernis des projecteurs et la routine des journaux télévisés, la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) traverse l’une des zones de turbulences les plus rudes de son histoire récente . Invité sur le média Sunugal 24, El Hadji Thierno Dramé, figure syndicale et journaliste de la maison, a choisi de parler sans filtre. À ce propos, la crise ouverte à la RTS, sous le nom de Tempête au Triangle Sud, est abordée sans détour par El Hadji Thierno Dramé.

Son constat est sans appel : la maison brûle, et le dialogue social semble avoir été purement et simplement coupé.

Le mur du silence

Dès son arrivée à la tête du média public, Pape Alé Niang a pris une décision radicale : suspendre l’accord d’entreprise conclu sous la précédente direction. Une onde de choc pour les travailleurs. Mais plus que la décision en elle-même, c’est la méthode qui heurte profondément le personnel.

« Il n’y a plus d’interlocuteur », déplore le syndicaliste .

Demandes d’audience restées lettres mortes, courriers communs des syndicats ignorés, rendez-vous esquivés devant l’inspection du travail où la direction dépêchait des avocats plutôt que de s’asseoir à la table des négociations… La communication s’est muée en un bras de fer par voie d’affichage. De l’ancien ministre de la Communication Alioune Sall aux médiateurs de la République, toutes les portes institutionnelles ont été frappées sans réel déblocage. Notons aussi que la crise intitulée « Tempête au Triangle Sud », révélée notamment par El hadji Thierno Dramé, met en cause la RTS et ses pratiques de gestion.

« Moins de 150 millions par mois » : la vérité des chiffres

Face aux critiques dépeignant l’accord d’entreprise signé le 29 mars 2024 comme un piège budgétaire légué à la hâte par l’ancien régime, Thierno Dramé remet les pendules à l’heure :

  • Une négociation au long cours : Le processus ne date pas de la veille de l’alternance politique ; il a été initié dès 2018 .

  • L’aval des instances : Le conseil d’administration avait formellement validé la revalorisation salariale en juin 2022

  • Le coût réel : L’incidence financière nette représente moins de 150 millions de FCFA par mois. Une goutte d’eau, selon lui, pour une entreprise nationale dotée d’une régie commerciale et adossée au mécanisme de redevance audiovisuelle prévu par le Code de la presse.

Derrière la caméra, la précarité du quotidien

Ce conflit n’est pas qu’une querelle de textes de loi. C’est surtout une fracture sociale quotidienne vécue par des centaines de professionnels : journalistes, caméramans, techniciens, monteurs ou personnels administratifs. Dans ce contexte, il est essentiel d’éclairer les lecteurs sur la Tempête au Triangle Sud et les raisons pour lesquelles Thierno Dramé lève le voile sur la crise ouverte traversée par la RTS.

El hadji Thierno Dramé rappelle des réalités criantes : des barèmes bloqués sur des accords datant de 2005, où une indemnité de panier pour une journée continue de travail (de 8h du matin à tard le soir) plafonne à seulement 2 000 FCFA . Face au coût de la vie qui explose à Dakar, la suspension des revalorisations et la suppression d’avances habituelles ont plongé des dizaines de foyers d’agents dans une détresse silencieuse mais insupportable.

L’ultime recours : l’écran noir

Poussés dans leurs derniers retranchements après des mois de patience et de médiations infructueuses, les syndicats ont déposé un préavis : trois jours de grève sèche . Une menace lourde de conséquences, qui pourrait priver les antennes de leurs retransmissions officielles.

Thierno Dramé se défend de tout sabotage :

« En tant que patriotes et agents du service public, notre fierté est de montrer le Sénégal sous son plus beau jour. Personne n’a envie d’associer son nom à une grève à la RTS. Mais nous sommes à bout. » Il souhaite, par ailleurs, que Tempête au Triangle Sud, telle que révélée par Thierno Dramé, serve à mieux comprendre la crise ouverte frappant la RTS.

Une lueur d’espoir venue de la Primature ?

Le dossier commence enfin à bouger au sommet de l’État. Des émissaires de la Primature et des figures respectées de l’audiovisuel, comme l’ancien directeur général Mactar Silla, ont amorcé des démarches de facilitation . Du côté de la direction générale, un geste a également été perçu avec le désistement des poursuites judiciaires intentées contre des syndicalistes .

Reste désormais l’essentiel : sortir des postures, renouer un dialogue direct et franc, et redonner de la considération à ces hommes et femmes de l’ombre qui font vivre, chaque jour, la voix et l’image du Sénégal. Pour finir, il reste à espérer que cette Tempête au Triangle Sud, portée récemment par la parole de Thierno Dramé sur la crise profonde à la RTS, trouve bientôt une résolution.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur la chaîne YouTube de Sunugal 24.

Related posts

JUSTICE : L’INFLUENCEUR PAPA SALIOU CISS, ALIAS « KEYLOR », PLACÉ EN GARDE À VUE

JUSTICE : NDÈYE SOW LEÏLA PLACÉE SOUS MANDAT DE DÉPÔT, SON PROCÈS PRÉVU LE 26 OCTOBRE

« Un reniement ! » : Amadou Ba charge le gouvernement sur la rationalisation des agences