« Sonko nous a fait très mal » : Le PDG de Walfadjri raconte le cauchemar de la suspension

L’avis favorable donné par le gouvernement à la levée de la suspension des conventions publicitaires est accueilli avec un immense soulagement par le groupe Walfadjri. Son PDG, Cheikh Niasse, confie les lourdes séqurances de ces deux années de disette budgétaire tout en appelant à l’union sacrée autour du secteur.

C’est une bouffée d’oxygène très attendue dans le paysage médiatique sénégalais. La perspective d’un déblocage des conventions publicitaires entre l’État et les entreprises de presse suscite une vague d’apaisement, à commencer par la direction du groupe Walfadjri.

Réagissant à l’avis favorable émis par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo concernant la levée de cette mesure restrictive, le Président-directeur général (PDG) du groupe, Cheikh Niasse, a laissé éclater son soulagement en saluant « enfin, une bonne nouvelle ». Une sortie qui met en lumière la fragilité économique traversée par les organes de presse ces derniers mois.

« Sonko nous a fait très mal » : Le coût exorbitant de la crise

Derrière ce soulagement se cachent des années de turbulences financières majeures. N’hésitant pas à pointer l’impact direct des décisions de l’exécutif, Cheikh Niasse a dressé un constat sans concession : « Sonko nous a fait très mal avec la suspension des conventions ».

Pour maintenir le navire à flot, préserver son outil de production et surtout sauver l’intégralité de ses emplois face à la sécheresse des revenus, le groupe de presse a dû s’aventurer dans des solutions de survie drastiques. Le patron de Walfadjri révèle ainsi avoir dû emprunter « des centaines de millions » de francs CFA en l’espace de deux ans pour honorer ses charges et éviter le dépôt de bilan.

Malgré les cicatrices laissées par cette crise, le ton est désormais à l’optimisme mesuré. Cheikh Niasse espère que cette décision marquera un tournant décisif pour l’ensemble de la profession : « Gageons que l’avenir de la presse sera plus radieux », a-t-il déclaré.

Il a tenu à conclure son propos par un appel fort, mêlant les exigences de rigueur de l’État et la nécessité d’un soutien humain : « Jub jubal amena solo, mais yeurmande tamite amena solo » (La rectitude et la justice sont importantes, mais la compassion et la solidarité le sont tout autant).

Transparence et comité ad hoc : Les nouvelles règles du jeu

Cette décrispation intervient dans le sillage de l’arbitrage du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo. Le chef du gouvernement a accédé à la demande de levée de la suspension, mais cette réouverture des vannes publicitaires ne se fera pas sans garde-fous. Elle est soumise à de strictes garanties de transparence et de bonne gouvernance.

Pour encadrer ce processus, un comité ad hoc interministériel a été missionné. Sa feuille de route est claire : définir des critères d’attribution rigoureux et objectifs, et veiller à une répartition beaucoup plus équitable des investissements publicitaires publics. Une transition salvatrice qui pourrait permettre à la presse sénégalaise de panser ses plaies financières après une période particulièrement périlleuse.

Par MATAR BAYA DIOP

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