La colère monte dans les rangs de la société civile sénégalaise. Vingt organisations viennent de faire bloc pour dénoncer ce qu’elles décrivent comme une multiplication des attaques verbales, des intimidations et des menaces visant des acteurs engagés dans le débat public.
Dans une déclaration commune rendue publique ces derniers jours, ces organisations tirent la sonnette d’alarme et refusent de voir l’espace civique se transformer en terrain de confrontation où la menace remplacerait progressivement le débat contradictoire.
Leur message est sans ambiguïté : la critique, aussi virulente soit-elle, ne peut jamais justifier la menace ou l’intimidation.
Une mobilisation inhabituelle de la société civile
La particularité de cette prise de position tient aussi à son ampleur.
Vingt organisations ont décidé de parler d’une seule voix. Parmi elles figurent notamment Africa Jom Center, l’Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH), le Réseau Siggil Jigéen, la RADDHO, la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), la COSCE et l’ONG-3D.
Ce front commun traduit une inquiétude qui dépasse désormais le cas individuel d’un acteur de la société civile.
Pour les signataires, les attaques contre ceux qui interpellent les pouvoirs publics ou prennent position sur les grandes questions nationales tendraient à devenir un phénomène plus large, voire structurel.
Et c’est précisément cette évolution qui inquiète.
L’affaire Babacar Ba comme déclencheur
Au cœur de leur déclaration figure la situation de Babacar Ba, acteur connu de la société civile.
Selon les organisations signataires, celui-ci aurait déjà été victime de menaces de mort dont les auteurs n’ont, à ce jour, pas été identifiés.
Elles affirment également que de nouvelles menaces auraient récemment été proférées contre lui par un responsable politique présenté comme appartenant au camp présidentiel.
Ces accusations devront naturellement être établies par les autorités compétentes.
Mais pour les vingt organisations, une chose est certaine : la sécurité des acteurs de la société civile ne peut être traitée à la légère.
Elles demandent donc aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour protéger les personnes concernées et de faire toute la lumière sur les menaces rapportées, afin que les responsabilités puissent être établies sur la base d’enquêtes sérieuses.