Règlements de comptes, millions et cyber-représailles : Ce que révèle l’arrestation de « Diodio Glow Skin »

Le milieu des influenceurs et du e-commerce au Sénégal est secoué par un nouveau scandale retentissant. Mame Diarra Thiam, célèbre sous le pseudonyme de « Diodio Glow Skin », a été placée en garde à vue hier, jeudi, dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Selon les informations révélées par le quotidien L’Observateur, la patronne de la marque éponyme de produits cosmétiques est soupçonnée d’avoir orchestré et financé des campagnes de cyberharcèlement ciblé à l’encontre de ses détracteurs sur les réseaux sociaux.

L’enquête, placée sous l’autorité du parquet de Pikine-Guédiawaye, met en lumière un système présumé de riposte médiatique payée. Diodio Glow Skin est accusée d’avoir versé d’importantes sommes d’argent à des créateurs de contenus influents pour s’en prendre publiquement à ses opposants.

Parmi les figures clés citées dans ce dossier :

  • Rox : L’influenceuse, déjà condamnée auparavant dans une autre affaire de cyberharcèlement, aurait perçu la somme de 7 millions de francs CFA de la part de la chef d’entreprise.

  • Adamo : Créateur de contenus controversé, il aurait bénéficié d’une partie des fonds transmis à Rox pour participer aux attaques ciblées.

  • « Fière d’être africaine » : Une autre créatrice de contenus figurant dans le viseur des enquêteurs.

Au cœur de cette guerre numérique se trouve Tata Nafi Cannes, une créatrice de contenus établie dans la ville française de Cannes. En avril 2026, à la suite d’une procédure judiciaire impliquant sept employés de l’entreprise de cosmétiques, une vive polémique avait éclaté sur la toile concernant le préjudice financier annoncé par la direction, estimé à plus de 200 millions de FCFA.

S’emparant du sujet, Tata Nafi Cannes avait diffusé une vidéo en direct de plus d’une heure, accusant ouvertement Diodio Glow Skin d’avoir exagéré et gonflé les chiffres des pertes subies. Ce sont ces critiques publiques qui auraient poussé la patronne de l’entreprise à recruter Rox et Adamo pour riposter brutalement sur les réseaux sociaux.

L’étau s’est resserré autour de Mame Diarra Thiam grâce aux expertises techniques menées par les spécialistes de la cybersécurité. En saisissant et en analysant le téléphone portable de l’influenceuse Rox, les enquêteurs de la DSC ont mis au jour de nouvelles preuves décisives et des échanges compromettants, permettant d’élargir le spectre des investigations.

Alors que les policiers s’emploient désormais à cartographier l’ensemble de ce réseau de cyber-représailles, de nouvelles interpellations et arrestations restent très fortement pressenties dans les prochaines heures.

Par MATAR BAYA DIOP

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