De nouvelles lignes de fracture apparaissent au sein du Pastef, où les rivalités internes semblent désormais s’exprimer au grand jour. Cette fois, la confrontation oppose Fadilou Keïta, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), à Ousmane Abdoulaye Barro, récemment promu chef de cabinet du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
L’épisode révèle un climat de crispation croissante au sommet du parti au pouvoir, déjà traversé par des sensibilités divergentes depuis l’accession du Pastef aux responsabilités étatiques.
Figure réputée proche du président Bassirou Diomaye Faye et régulièrement perçue comme l’un des relais de la ligne présidentielle, Ousmane Abdoulaye Barro cristallise de plus en plus de critiques dans les rangs de la formation dirigée par Ousmane Sonko. Une hostilité que Fadilou Keïta a exprimée sans détour, dans des propos d’une rare virulence.
« C’est un hypocrite. Il ne doit plus être convié aux rencontres du Pastef », a lancé le directeur général de la CDC, visiblement remonté contre son camarade de parti.
Mais au-delà de l’attaque personnelle, les déclarations de Fadilou Keïta laissent entrevoir des fractures politiques plus profondes au sein de l’appareil dirigeant du Pastef. Le responsable accuse certains militants et cadres d’œuvrer en coulisses contre leur propre camp.
« Il y a des gens de Pastef qui travaillent contre Pastef », a-t-il martelé.
Dans une allusion particulièrement lourde de sens, il affirme même que des enregistrements audio attribués à Ousmane Abdoulaye Barro auraient été transmis à Ousmane Sonko lui-même.
« Il y avait des audios de lui réceptionnés par Ousmane Sonko, qui lui avait demandé d’arrêter de semer la discorde », a soutenu Fadilou Keïta.
Ces révélations viennent renforcer les spéculations persistantes autour de tensions internes entre différentes tendances du Pastef, partagées entre fidélité au leadership historique d’Ousmane Sonko et affirmation progressive du pouvoir présidentiel autour de Bassirou Diomaye Faye.
Alors que le parti au pouvoir s’efforce d’afficher une image d’unité depuis son arrivée à la tête de l’État, cette nouvelle sortie médiatique risque d’alimenter davantage les interrogations sur l’existence de rivalités stratégiques et de luttes d’influence au sommet du régime.