ONU : Macky Sall déjà sous pression, un premier vote révèle une candidature en grande difficulté

Le premier vote indicatif du Conseil de sécurité des Nations unies sonne comme un sérieux avertissement pour Macky Sall. L’ancien président sénégalais, candidat au poste de secrétaire général de l’ONU, démarre la course dans une position particulièrement fragile. Avec seulement six bulletins d’encouragement, contre sept de découragement et deux avis neutres, il figure parmi les prétendants les moins bien classés. Cela résulte de cette première consultation confidentielle.

Pour Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, ce résultat est loin d’être une surprise. Il reflète avant tout un environnement diplomatique défavorable. De plus, il révèle des obstacles structurels qui dépassent largement le seul profil du candidat.

Le premier écueil est celui de la rotation régionale, une règle non écrite mais solidement ancrée dans les usages des Nations unies. À ce stade, une large majorité des États membres considère que le prochain secrétaire général devrait provenir d’Amérique latine ou des Caraïbes. En présentant une candidature africaine, le continent prend le risque de remettre en cause un principe. Ce principe lui a lui-même largement profité lors des élections de Boutros Boutros-Ghali puis de Kofi Annan, souligne Carlos Lopes.

À cette contrainte géopolitique s’ajoute un autre handicap majeur : l’absence d’un soutien continental sans équivoque. Macky Sall n’a pas obtenu l’investiture officielle de l’Union africaine. En outre, plusieurs États influents ont exprimé leurs réserves, invoquant précisément le respect de la rotation intercontinentale. Selon Carlos Lopes, la gestion du dossier sous la présidence tournante du Burundi a, en outre, alimenté des tensions et des ambiguïtés institutionnelles. Celles-ci rendent aujourd’hui hautement improbable l’émergence d’un consensus africain.

Le contexte international joue également contre l’ancien chef de l’État sénégalais. Après près de 80 ans d’existence, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme. Une volonté grandissante de corriger cette anomalie historique gagne du terrain parmi les États membres. De plus, cette dynamique favorise nettement la Costaricienne Rebeca Grynspan. Elle s’est imposée comme la grande gagnante de ce premier tour d’évaluation.

Malgré ces signaux défavorables, Macky Sall ne compte pas jeter l’éponge. L’ancien président sénégalais a confirmé son intention de poursuivre sa campagne. Une décision que Carlos Lopes juge cohérente. En effet, il rappelle que ces votes indicatifs ne constituent qu’une photographie provisoire du rapport de force. De plus, le processus de désignation reste évolutif. Reste qu’à ce stade, les premiers enseignements sont sans appel : parmi les candidats en lice, Macky Sall apparaît aujourd’hui comme celui qui devra renverser les obstacles les plus importants pour espérer inverser la tendance.

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