Deux dynamiteros en quête de rachat. Mercredi, à Seattle, le 16e de finale de Coupe du monde entre le Sénégal et la Belgique sera le théâtre d’un duel à distance crucial. Sadio Mané et Jérémy Doku, les deux flèches de leur sélection respective, traversent ce Mondial comme des ombres. Pour ces deux monstres sacrés, l’heure n’est plus au calcul : il faut rallumer la mèche, et vite.
Doku, le prince de City cherche son second souffle
À 24 ans, Jérémy Doku (45 sélections, 7 buts) devait être le facteur X des Diables Rouges après une saison XXL en Premier League sous les ordres de Pep Guardiola. Pour l’instant ? Un immense feu de paille. Freiné par une infection respiratoire, l’ailier de Manchester City a d’abord traîné sa peine contre l’Égypte (1-1) avant de zapper le choc face à l’Iran (0-0).
Un aller-retour express à Londres pour assister à la naissance de son fils qui a fait jaser au plat pays, surtout quand le Norvégien Leo Østigård, lui, est resté au front aux USA pour vivre son accouchement sur FaceTime. De retour et titulaire face à la Nouvelle-Zélande (5-1), Doku est sorti à l’heure de jeu sans avoir pesé. Débarrassé de ses pépins physiques et des vents contraires, le crack belge est attendu au tournant par tout un peuple. Face au Sénégal, son Mondial doit enfin commencer.
Sadio Mané, le dernier baroud du Roi Lion
De dix ans son aîné, Sadio Mané joue sa dernière partition sur la plus grande des scènes. Sacré champion d’Afrique en janvier avant de voir le Maroc lui chiper sa couronne, le nouveau champion d’Arabie Saoudite avec Al-Nassr cherche le coup d’éclat. Aligné d’entrée lors des trois matchs de poule, l’ancien Red de Liverpool n’a toujours pas fait trembler les filets (défaites 3-1 contre la France et 3-2 face à la Norvège, victoire 5-0 contre l’Irak).
Mais attention, réduire Mané à ses statistiques serait une hérésie. Le néo-quatrième meilleur buteur africain du XXIe siècle pèse sur les défenses, à l’image de son caviar pour Ismaïla Sarr contre les Norvégiens. Le sélectionneur Pape Thiaw refuse d’ailleurs qu’on touche à son icône :
« Il fait des choses extraordinaires pour le collectif. C’est notre leader technique, il se dépouille même défensivement. C’est un exemple mondial. On sait qu’il va tout donner. »
Des cadres sous haute surveillance
Au-delà du duel des dynamiteurs, ce huitième de finale (historiquement un 16e de finale dans ce nouveau format) s’annoncent électrique à tous les étages. Côté Lions de la Téranga, l’infirmerie grince : Édouard Mendy, blessé, devrait céder sa place dans la cage au Havrais Mory Diaw. Derrière, le capitaine Kalidou Koulibaly sera surveillé de très près après ses deux boulettes coupables face à la Norvège.
Chez les Diables Rouges, l’ambiance a changé de ton. Piqués au vif et qualifiés de « has been » par la presse après le fiasco iranien, les vieux briscards ont répondu sur le terrain face aux All Whites. Kevin De Bruyne (1 but, 1 passe) et Leandro Trossard (doublé) ont retrouvé la lumière. Quant à Romelu Lukaku, sorti du banc pour planter son pion historique et devenir le meilleur buteur belge de l’histoire du Mondial devant Marc Wilmots, il savoure son rôle de joker de luxe : « Je bosse, je m’entraîne et je suis juste heureux d’être là. »
Rudi Garcia a prévenu : ses cadres ont du répondant. Aux Lions de prouver qu’ils ont encore les crocs. Le rendez-vous est pris à Seattle.