Le couperet est tombé. Après une campagne cauchemardesque au Mondial 2026, Yasser al-Misehal, président de la Fédération saoudienne de football, a annoncé sa démission tard dimanche soir. Un départ fracassant qui vient sceller le fiasco des « Faucons verts » sur la scène internationale.
Dernière du groupe H avec seulement deux petits points au compteur, l’Arabie Saoudite a quitté la compétition par la petite porte. Malgré une résistance face à l’Uruguay (1-1) et au Cap-Vert (0-0), l’humiliation subie face à l’Espagne (0-4) a été celle de trop. Un résultat jugé indigne des investissements colossaux injectés par le Royaume dans la discipline.
Sur X (anciennement Twitter), Yasser al-Misehal a joué la carte de la dignité dans la défaite. « L’échec de l’équipe nationale […] est en deçà de toutes nos ambitions. J’en assume l’entière responsabilité », a-t-il déclaré, justifiant sa décision par le besoin d’impulser une « nouvelle phase ».
Après sept ans de règne, celui qui fut l’architecte de la candidature victorieuse pour le Mondial 2034 tire sa révérence, conscient que le projet footballistique saoudien a besoin d’un nouveau souffle après l’échec cuisant de cette troisième participation consécutive à la Coupe du Monde.
Ce départ brutal illustre les contradictions du football saoudien. Malgré les deux milliards de dollars investis en trois ans et l’arrivée de stars mondiales comme Cristiano Ronaldo, Neymar et Karim Benzema pour doper la Saudi Pro League, le succès sur la scène internationale reste désespérément hors de portée.
La chute de M. Misehal intervient quelques mois après le limogeage du sélectionneur français Hervé Renard, lui-même revenu pour remplacer Roberto Mancini dans l’espoir de redresser une équipe nationale en plein doute. La puissante monarchie du Golfe, qui mise tout sur le sport pour diversifier son économie, se retrouve désormais à la croisée des chemins.
Le nouveau défi est lancé : trouver une équipe dirigeante capable de transformer enfin ces milliards de dollars en résultats concrets sur le rectangle vert.
La démission de Yasser al-Misehal suffira-t-elle à calmer la colère des supporters et à repenser un modèle sportif qui, malgré une puissance financière illimitée, peine encore à briller au sommet de la hiérarchie mondiale ?