Le ciel de Dakar a été le théâtre, ce mardi 7 juillet, d’un mouvement singulier. Arrivé par jet privé en provenance de Marrakech, l’ancien président de la Guinée-Bissau a effectué un aller-retour aussi fulgurant que mystérieux entre le Sénégal et la Gambie. Une escale sénégalaise placée sous le sceau de la discrétion la plus absolue, alimentant les conjectures sur une possible mission d’entremise en faveur de l’ancien chef de l’État sénégalais, Macky Sall.
La scène, captée par quelques observateurs avertis, détonne par son caractère exceptionnel. Ce mardi, à 12h25, un jet privé en provenance directe de Marrakech se pose sur le tarmac de l’aéroport militaire de LSS. À son bord, l’ancien président de la Guinée-Bissau, accompagné d’une délégation restreinte de quatre personnes.
Dès l’atterrissage, le traitement réservé au visiteur tranche avec les usages habituels. Point de formalités policières ni de passage par le terminal classique : une escorte composée de deux véhicules officiels, directement dépêchés par la présidence de la République sénégalaise, prend en charge la délégation dès la sortie de l’appareil. Une faveur protocolaire qui souligne, s’il en était besoin, l’importance stratégique de cette visite imprévue.
Après un entretien à huis clos avec le président Bassirou Diomaye Faye, le dignitaire bissau-guinéen a repris les airs, cap au sud, vers Banjul, avant de regagner Marrakech dans la soirée. Un marathon diplomatique bouclé en quelques heures, dont l’agenda officiel reste, pour l’heure, un angle mort.
Ce voyage, aux allures de mission « fast-track », suscite une avalanche d’interrogations dans les chancelleries et les salons politiques dakarois. Si le silence des autorités est total, les observateurs ne manquent pas de faire le lien avec l’entourage immédiat de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, dont l’ex-dirigeant bissau-guinéen est un intime de longue date.
Au cœur des spéculations : l’ambition, désormais plus que murmurée, de l’ancien président sénégalais de briguer le poste de Secrétaire général des Nations Unies. Certains analystes y voient une activité de lobbying intense, visant à tester des soutiens ou à sonder le terrain auprès des puissances régionales pour une candidature à l’international.
S’agit-il d’une simple visite de courtoisie devenue une affaire d’État, ou d’une mission de bons offices orchestrée dans les coulisses de la géopolitique ouest-africaine ? La coïncidence temporelle et la logistique déployée laissent peu de place au hasard.
Dans un contexte politique sénégalais où les jeux d’influence se redéfinissent, ce ballet aérien rappelle que la diplomatie se joue souvent loin des caméras, dans le secret feutré des jets privés et des apartés présidentiels. Pour l’heure, Dakar garde le silence. Mais, dans les couloirs du pouvoir, le nom de Macky Sall, associé à cette séquence, demeure le pivot central de toutes les analyses.