Lancement du parti de Bassirou Diomaye Faye : Déthié Fall, Guirassy et Cheikh Tidiane Dièye face au choix de la loyauté

Le lancement officiel du parti présidentiel de Bassirou Diomaye Faye, prévu ce samedi, pourrait marquer un tournant majeur dans la recomposition du paysage politique sénégalais. Au cœur des interrogations : le positionnement de plusieurs membres du gouvernement. Leur fidélité est désormais scrutée après la rupture politique entre le chef de l’État et Ousmane Sonko.

Selon L’Observateur, trois ministres concentrent particulièrement l’attention. Ce sont; Déthié Fall (Infrastructures et Transports terrestres et aériens), Moustapha Guirassy (Éducation nationale) et Cheikh Tidiane Dièye (Hydraulique et Assainissement). Leur présence, ou leur absence, lors du lancement de la nouvelle formation présidentielle est perçue comme un signal politique. Par conséquent, ce signal est susceptible de lever les ambiguïtés qui entourent leur position depuis la séparation entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre.

Un silence qui alimente les spéculations

Toujours selon le quotidien, ces trois figures de l’exécutif observent un silence remarqué depuis l’éclatement de l’alliance politique entre les deux anciens compagnons. Tous entretiennent une histoire politique étroitement liée à Ousmane Sonko. Avec lui, ils avaient notamment participé à la création de la coalition APTE. Par la suite, ils ont poursuivi leur collaboration au sein de l’opposition.

Aujourd’hui, leur position apparaît plus sensible que jamais. Le lancement du parti présidentiel est présenté comme une séquence décisive où chacun devra, tôt ou tard, clarifier son engagement politique. Ainsi, il faudra rejoindre ouvertement la dynamique portée par Bassirou Diomaye Faye. Ou conserver son ancrage aux côtés de l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Des experts évoquent un test politique pour le gouvernement

Interrogés par L’Observateur, le sociologue Dr Abdou Khadre Sanogo et l’enseignant-chercheur à l’UCAD Dr Malao Kanté estiment qu’une telle ambiguïté ne saurait s’inscrire durablement dans le fonctionnement de l’exécutif.

Selon eux, un chef de l’État a besoin de collaborateurs dont l’engagement politique est clairement assumé afin de porter efficacement son projet. Dans cette logique, ils considèrent que les ministres concernés devront soit s’inscrire dans la nouvelle majorité présidentielle. Sinon ils devront tirer les conséquences d’un éventuel choix politique différent.

Vers un « compagnonnage autonome » ?

Les deux analystes soulignent toutefois qu’un soutien au président Bassirou Diomaye Faye ne signifierait pas nécessairement la disparition des formations politiques auxquelles appartiennent ces ministres.

Ils évoquent l’hypothèse d’un « compagnonnage autonome », permettant à chaque responsable de conserver son identité politique tout en accompagnant l’action du chef de l’État. Ce schéma rappellerait les alliances nouées entre le Parti socialiste (PS), l’Alliance des forces de progrès (AFP) et l’Alliance pour la République (APR) au sein de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) sous la présidence de Macky Sall.

À quelques heures du lancement du nouveau parti présidentiel, tous les regards restent donc tournés vers ces ministres. Leur positionnement pourrait non seulement redessiner les équilibres au sein du gouvernement, mais aussi donner le ton de la nouvelle séquence politique qui s’ouvre autour de Bassirou Diomaye Faye.

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