Un océan de fidèles, des cris de « vengeance » et une menace directe qui plane sur les États-Unis en plein jour de fête nationale : les obsèques d’Ali Khamenei transforment la capitale iranienne en une poudrière. Entre recueillement et appels au meurtre, le pays bascule dans une ère d’incertitude totale.
Il est à peine 6 heures du matin à Téhéran, ce samedi 4 juillet 2026, mais l’atmosphère est déjà électrique. Sous le dôme de l’immense complexe du Mosalla, le cercueil d’Ali Khamenei, l’homme qui a incarné la République islamique pendant des décennies, est exposé. Mais ici, les larmes laissent place à la rage. « Nous ne sommes pas là pour un enterrement, mais pour une vengeance ! » hurle un orateur devant une marée humaine en deuil, drapée de noir.
« Mort à l’Amérique » : le cri qui glace le Moyen-Orient
La scène est surréaliste. Alors que les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, les rues de Téhéran sont couvertes de banderoles rouges frappées du hashtag #TuerTrump. Le ton est donné : la mort du guide suprême, survenu le 28 février dernier sous les frappes israélo-américaines, est loin d’être tournée. Elle est le carburant d’une colère nationale qui menace d’embraser, une fois de plus, toute la région.
Le centre-ville est devenu un véritable camp retranché. Blocs de béton, cordons de police, rues verrouillées : les autorités craignent le pire pour ces obsèques nationales qui doivent s’étaler sur six jours, avec un cortège funèbre monumental traversant le pays jusqu’à Machhad.
L’ombre de Mojtaba : une succession sous mystère
Au cœur de cette ferveur, un absent cristallise toutes les interrogations : Mojtaba Khamenei. Le fils, successeur désigné au poste de guide suprême, reste invisible. Depuis sa nomination en mars, il ne communique que par communiqués interposés, laissant le pays dans une étrange attente. Est-il en sécurité ? Est-il en train de consolider son pouvoir dans l’ombre ? La foule, qui brandit son portrait, semble prête à tout pour le soutenir, mais le silence du nouveau dirigeant alimente les spéculations les plus folles.
Un pays au bord du gouffre
Ces funérailles ne sont pas seulement un hommage, c’est un test de résilience pour un régime fragilisé. Entre :
Un cessez-le-feu précaire avec Washington ;
Une crise sociale profonde marquée par des mois de manifestations contre la vie chère ;
Une succession dynastique entourée d’un mystère oppressant ;
Le régime joue sa survie. Les autorités annoncent une mobilisation record — entre 15 et 20 millions de personnes attendues. Derrière les chants religieux et les poitrines que l’on se frappe selon la tradition chiite, c’est tout l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient qui vacille.
Le cortège funèbre traversera Téhéran lundi avant de rejoindre la ville sainte de Qom, pour une inhumation prévue le 9 juillet à Machhad. D’ici là, le monde entier retient son souffle : dans ce déchaînement de passion, la frontière entre le deuil et l’embrasement militaire semble plus fine que jamais.
Face à ces appels à la vengeance et à l’incertitude entourant le nouveau guide suprême, pensez-vous que l’Iran soit à l’aube d’un basculement radical de sa politique étrangère ?