Le calme de l’hémicycle a volé en éclats. Fidèle à sa réputation de « poil à gratter » du pouvoir, Guy Marius Sagna a livré, lors de la séance des questions au gouvernement, une prestation offensive qui a fait trembler les lignes. Diplomatie, souveraineté, gestion régionale et crise sociale : le député n’a fait aucun cadeau à l’exécutif.
C’est le point de tension majeure de son intervention. Pour Guy Marius Sagna, la participation du président Bassirou Diomaye Faye au sommet Africa Forward à Nairobi cache un jeu dangereux. L’élu voit derrière cet événement une opération de charme orchestrée par la France pour se repositionner sur le continent.
L’image, devenue virale, du Président sénégalais échangeant quelques ballons avec Emmanuel Macron a cristallisé sa colère. Loin d’y voir une simple séquence protocolaire, Sagna y décèle une faute politique : « Les symboles ont une portée », martèle-t-il, déplorant une proximité qui, selon lui, occulte les déséquilibres coloniaux persistants.
L’élu a également décoché des flèches contre la gestion diplomatique du Sénégal face aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour Sagna, le silence ou la réserve de Dakar face aux piques d’Emmanuel Macron envers le Mali, le Burkina Faso et le Niger est une erreur. Il appelle à une solidarité régionale « sans faille », malgré les divergences politiques.
Sur le front de la CEDEAO, le ton se durcit encore. Guy Marius Sagna exige la transparence totale sur les finances de l’organisation sous-régionale. « Les citoyens ont le droit de savoir comment leurs fonds sont gérés », a-t-il lancé, dénonçant un opacité qu’il juge inacceptable.
Au-delà de la géopolitique, le député a ramené le débat sur le plancher des vaches. Il a dénoncé, avec une vive inquiétude, deux dossiers brûlants :
Casamance : La situation précaire des agents du Centre national d’action antimines, privés de salaires alors qu’ils risquent leur vie pour sécuriser les populations.
Diaspora : Le calvaire administratif des Sénégalais de l’étranger, souvent bloqués par l’impossibilité d’obtenir ou de renouveler leurs passeports dans les consulats.
Avec cette prise de parole, Guy Marius Sagna réaffirme son rôle de vigie. En conjuguant défense de la souveraineté nationale et lutte contre les injustices sociales, il se pose en porte-voix d’une opinion publique exigeante. Son message est limpide : la « rupture » promise par le nouveau pouvoir doit se traduire dans les actes, tant dans les relations internationales que dans le quotidien des travailleurs les plus exposés.
L’Assemblée a, une fois de plus, été le théâtre d’un exercice de vérité. Reste à savoir si ces interpellations musclées trouveront un écho concret dans les prochaines décisions du gouvernement.
Cette offensive parlementaire est-elle le reflet d’une rupture idéologique profonde entre Guy Marius Sagna et la nouvelle gouvernance, ou un simple rappel à l’ordre des engagements de campagne ?