La polémique autour de l’utilisation des fonds politiques continue de prendre de l’ampleur au Sénégal. Après les explications publiques fournies par Ousmane Sonko sur l’utilisation d’une partie des fonds mis à la disposition de la Primature, le président du Forum du justiciable, Babacar Ba, est monté au créneau pour contester la justification avancée par l’ancien Premier ministre.
En direct, Ousmane Sonko avait notamment expliqué que ces fonds avaient servi à financer l’acquisition de véhicules destinés au recouvrement, pour un montant proche du milliard de francs CFA, mais également des aides sociales et des allocations distribuées à l’occasion de la commémoration des tirailleurs de Thiaroye.
Des explications qui, loin de clore la controverse, ont relancé le débat sur la nature, la finalité et le contrôle des fonds politiques.
Babacar Ba conteste la justification de Sonko
Dans une publication sur le réseau social X, le président du Forum du justiciable s’est montré particulièrement critique à l’égard des explications données par Ousmane Sonko.
Pour Babacar Ba, les dépenses évoquées ne correspondraient pas à la destination initialement prévue des fonds politiques concernés. Il estime notamment que l’achat de véhicules et les différentes dépenses à caractère social ne présentent pas de lien direct avec le programme de paix en Casamance prévu par le décret de 2004 auquel Ousmane Sonko fait référence.
« Selon les explications fournies, l’utilisation que Ousmane Sonko a faite des fonds politiques destinés à la Primature, par l’achat de véhicules d’ordonnance et diverses dépenses sociales, n’a aucun lien direct avec le programme de paix en Casamance prévu par le décret de 2004 auquel il se réfère », soutient-il.
Une lecture qui place la controverse sur le terrain de la légalité et surtout de la gouvernance publique.
La question du contrôle des fonds politiques relancée
Au-delà de la polémique entre Babacar Ba et Ousmane Sonko, cette affaire remet au premier plan la question de la transparence entourant les fonds politiques au Sénégal.
Ces ressources, longtemps entourées d’un voile de discrétion, suscitent régulièrement des interrogations sur leur utilisation, leur traçabilité et les mécanismes de contrôle qui doivent s’y appliquer.
Pour Babacar Ba, les dernières révélations ou explications rendent désormais nécessaire une réforme du dispositif.
« Monsieur le président Diomaye Faye, il apparaît désormais évident que la gestion des fonds politiques au Sénégal est catastrophique et requiert un encadrement strict », écrit-il en interpellant directement le chef de l’État.
Diomaye Faye appelé à prendre ses responsabilités
En s’adressant directement au président Bassirou Diomaye Faye, le président du Forum du justiciable entend donc déplacer le débat du terrain polémique vers celui de la responsabilité institutionnelle.
Son appel intervient dans un contexte où la question de la bonne gouvernance constitue l’un des principaux marqueurs du discours du nouveau pouvoir. Pour Babacar Ba, l’enjeu dépasse désormais le cas particulier d’Ousmane Sonko : il s’agit de revoir en profondeur les règles qui encadrent l’utilisation des fonds politiques.
La controverse oppose ainsi deux lectures. D’un côté, Ousmane Sonko défend l’utilisation des fonds en invoquant notamment des dépenses liées au recouvrement et à des actions sociales. De l’autre, Babacar Ba considère que ces explications ne suffisent pas à établir la conformité de ces dépenses avec la destination juridique des fonds.