Gestion de l’état civil : la Cour des comptes engage un vaste audit dans 74 communes

La Cour des comptes ouvre un nouveau front dans le contrôle de la gouvernance locale. L’institution a lancé une vaste mission d’audit de la gestion de l’état civil dans 74 communes du Sénégal, une opération d’envergure qui vise à évaluer la qualité de ce service public stratégique sur la période 2018-2025.

Depuis Rufisque, où les travaux ont été officiellement lancés le mardi 28 juillet 2026, la Chambre des collectivités territoriales entend passer au peigne fin les pratiques administratives des communes concernées. L’objectif est de mesurer la conformité des procédures, d’apprécier la fiabilité des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil et d’identifier les insuffisances susceptibles d’affecter les droits des citoyens.

L’état civil constitue l’un des piliers de l’administration publique. De la déclaration de naissance à l’établissement des actes de mariage ou de décès, il garantit l’identité juridique des citoyens et conditionne l’accès à de nombreux services publics. Sa bonne gestion représente ainsi un enjeu majeur de gouvernance, de planification des politiques publiques et de protection des droits fondamentaux.

Une mission de contrôle à double niveau

L’audit couvre un total de 74 collectivités territoriales réparties sur l’ensemble du territoire national. Parmi elles, 59 communes avaient déjà fait l’objet de précédentes missions de contrôle. Cette nouvelle opération permettra à la Cour des comptes de réexaminer les recommandations formulées à l’époque, d’évaluer leur niveau de mise en œuvre et de mesurer les progrès réalisés dans la gestion des services d’état civil.

Les observations issues de ces anciens contrôles seront ainsi confrontées aux réalités actuelles afin d’établir un diagnostic actualisé de la performance administrative des collectivités concernées.

En parallèle, quinze autres communes ont été retenues sur la base d’une analyse des risques réalisée par la juridiction financière. Pour ces collectivités, la Cour prévoit des investigations approfondies, combinant l’examen des documents administratifs et des vérifications sur le terrain.

Des collectivités stratégiques concernées

La liste des nouvelles communes auditées comprend plusieurs collectivités à forte densité démographique et à fort enjeu administratif. Figurent notamment les villes de Dakar et de Rufisque, ainsi que les communes de Fann-Point E-Amitié, Ouakam, Wakhinane Nimzatt, Thiaroye-sur-Mer, Sangalkam, Notto Gouye Diama, Baba Garage, Malicounda, Touba Mosquée, Ndioum, Boki Diawé, Niaguis et Médina Wandifa.

Le choix de ces collectivités traduit la volonté de la Cour des comptes de concentrer son action sur des zones où les risques de dysfonctionnements ou les enjeux liés à la qualité du service public justifient une vigilance particulière.

Renforcer la transparence et la fiabilité des services publics

À travers cette mission, la Cour des comptes réaffirme son rôle de garant de la bonne gouvernance des collectivités territoriales. Au-delà du contrôle de la régularité des procédures, cette évaluation vise à renforcer la transparence dans la gestion des registres d’état civil, à améliorer la qualité des prestations offertes aux populations et à consolider la fiabilité des données administratives utilisées par l’État.

Les conclusions de cet audit sont particulièrement attendues, alors que la modernisation de l’administration territoriale et la digitalisation progressive des services publics figurent parmi les priorités des pouvoirs publics. Elles devraient permettre d’identifier les bonnes pratiques, mais aussi les insuffisances persistantes, afin de proposer des mesures correctives susceptibles d’améliorer durablement la gouvernance de l’état civil au Sénégal.

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