Le ministre Yankhoba Diémé a jeté un pavé dans la mare en affirmant que les fonds politiques alloués au Premier ministre auraient dû servir à l’indemnisation des anciens détenus. Dans un entretien accordé à Seneweb, il a révélé avoir découvert le montant de cette enveloppe budgétaire lors des récents débats à l’Assemblée nationale. Selon lui, ces ressources financières auraient largement suffi à répondre aux attentes des victimes des événements politiques de 2021-2024.
Une question de choix budgétaire plutôt que de manque de moyens
Pour le ministre, l’argument du manque de ressources financières de l’État ne tient pas face à la réalité des chiffres. Il estime que la prise en charge des victimes relève d’un arbitrage politique et d’un choix d’affectation des deniers publics :
Une simulation concrète : « Rien qu’avec ces 1,770 milliard de FCFA, on pouvait indemniser les députés à hauteur d’environ 5 millions de FCFA chacun sur deux ans », calcule-t-il.
Un impact social fort : Transposée aux ex-prisonniers politiques, cette même enveloppe aurait permis de désintéresser plusieurs centaines, voire plus d’un millier de bénéficiaires directs, selon les barèmes retenus.
Tacle sur la communication gouvernementale
Yankhoba Diémé a profité de cette tribune pour égratigner la stratégie de communication du Premier ministre Ousmane Sonko. Il soutient que la mise en scène entourant le don d’un salaire mensuel de 4 millions de francs CFA relève d’une pure logique de communication. Pour le ministre, cette démarche individuelle est très éloignée d’une prise en charge institutionnelle, structurelle et réellement efficace du dossier des victimes de la répression politique.