FMI : pour le Pr Amath Ndiaye, un nouvel accord est devenu indispensable au Sénégal

À l’approche de la mission du Fonds monétaire international (FMI), attendue à Dakar du 19 août au 1er septembre, le débat sur l’avenir financier du Sénégal se précise. Pour le professeur Amath Ndiaye, enseignant à la FASEG de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la conclusion d’un nouvel accord avec l’institution de Bretton Woods ne relève plus d’une simple option. De plus, elle serait désormais une nécessité.

La prochaine mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal s’annonce décisive. Prévue du 19 août au 1er septembre à Dakar, elle doit permettre d’approfondir les échanges entre les autorités sénégalaises et l’institution financière internationale. Ainsi, ensemble, ils discuteront des politiques économiques et des réformes. Cela pourrait ouvrir la voie à un nouvel accord de financement.

Dans ce contexte particulièrement sensible, la question du retour du Sénégal dans un cadre de coopération renforcée avec le FMI s’impose au cœur du débat économique. Pour le professeur Amath Ndiaye, spécialiste de l’économie industrielle, de l’économie numérique et des partenariats public-privé à la FASEG de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la conclusion d’un accord est désormais incontournable.

Invité sur la TFM, l’économiste s’est montré particulièrement catégorique : « Il faut trouver un accord avec le FMI », a-t-il déclaré, avant de préciser sa position : « C’est devenu indispensable, incontournable. »

Le FMI comme levier de restauration de la confiance

Au-delà de la seule question du financement, le Pr Amath Ndiaye considère que la relation avec le FMI pourrait constituer un levier déterminant pour restaurer la confiance des partenaires financiers et crédibiliser la trajectoire économique du Sénégal.

Dans son analyse, un nouvel accord pourrait notamment accompagner les autorités dans la mise en œuvre de réformes structurelles. De plus, il pourrait créer un cadre plus favorable à une éventuelle restructuration négociée de la dette publique.

Cette position n’est d’ailleurs pas nouvelle. Dans plusieurs de ses précédentes interventions, l’économiste plaidait déjà pour une restructuration de la dette qui serait menée dans un cadre négocié et adossée à un accord avec le FMI.

La dette, un fardeau de plus en plus lourd

C’est précisément sur la question de la dette publique que l’analyse du professeur Ndiaye prend une dimension particulièrement préoccupante.

Selon lui, le poids des charges financières atteint désormais un niveau difficilement compatible avec les capacités budgétaires de l’État. « On ne peut plus supporter ces charges financières », alerte-t-il.

Pour l’économiste, l’enjeu dépasse donc largement la recherche de nouveaux financements. Désormais, il s’agit de réexaminer la soutenabilité de la dette. En outre, il faudra desserrer la contrainte financière qui pèse sur les finances publiques. Ensuite, il faudra restaurer des marges de manœuvre suffisantes pour permettre à l’État de poursuivre ses politiques économiques et sociales.

Une mission sous haute attention

L’arrivée des équipes du FMI à Dakar intervient ainsi à un moment particulièrement stratégique pour le Sénégal. Les discussions devront permettre d’évaluer les réformes engagées. En outre, elles permettront d’apprécier les perspectives économiques du pays. Finalement, elles permettront de déterminer les conditions pouvant conduire à un nouveau partenariat financier.

Pour le Pr Amath Ndiaye, une chose semble en tout cas acquise : le Sénégal ne peut plus se permettre de considérer un accord avec le FMI comme une simple éventualité.

À ses yeux, le retour à un cadre formel de coopération avec le Fonds pourrait constituer l’un des instruments permettant au pays de restaurer la confiance, traiter la question de sa dette et retrouver progressivement des marges de manœuvre financières.

À l’ouverture de cette nouvelle séquence de négociations, l’enjeu sera donc de taille : parvenir à concilier les impératifs de redressement des finances publiques, la soutenabilité de la dette et la nécessité de préserver les ambitions économiques et sociales du Sénégal.

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