La loi n’a pas d’état d’âme, et encore moins de pedigree. Ce jeudi 25 juin 2026, le Tribunal de Grande Instance de Rufisque a envoyé un signal fort : nul, fût-il le frère d’un ancien chef d’État, n’est immunisé contre les rigueurs du Code pénal. Mamadou Sall, frère cadet de Macky Sall, a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss.
Tout bascule au détour d’un contrôle routier. Selon nos informations, l’incident aurait éclaté au niveau du péage, où Mamadou Sall, visiblement dans un état d’ivresse publique manifeste, aurait pris à partie des éléments du peloton routier de la gendarmerie. Injures, menaces, comportement inapproprié : les faits, bien que d’apparence banale pour les forces de l’ordre, ont pris une dimension judiciaire immédiate.
Déféré devant le procureur Cheikh Diakhoumpa, Mamadou Sall n’a bénéficié d’aucune mansuétude. Il devra répondre de ses actes d’ivresse et d’injures non publiques devant la barre, jeudi prochain.
Pour les habitués du palais de justice de Rufisque, cette décision n’est pas une surprise. Depuis son arrivée à la tête du parquet, le procureur Cheikh Diakhoumpa s’est forgé une réputation de magistrat inflexible, pour qui le statut social n’est qu’une donnée sans valeur dans l’application des textes.
En quelques mois, il a imposé une doctrine claire : dans l’enceinte de son tribunal, l’identité du prévenu importe peu ; seuls comptent les faits et le respect de la loi. Cette rigueur, saluée par les citoyens, redonne du souffle à l’idée d’une justice équitable, où le sentiment d’impunité des « puissants » semble s’effriter jour après jour.
Si l’affaire fait grand bruit, c’est parce qu’elle touche aux symboles. En envoyant le frère de l’ancien Président à Rebeuss, le parquet de Rufisque réaffirme un pilier fondamental de la démocratie sénégalaise : l’égalité réelle devant la loi.
Alors que le Sénégal observe avec attention cette procédure, une chose est sûre : le parquet de Rufisque ne compte pas lâcher prise. Le procès du jeudi prochain sera scruté de près, non pour la personnalité du prévenu, mais pour la confirmation qu’au Sénégal, la justice a enfin repris ses droits sur les privilèges de caste.
Cette fermeté judiciaire est-elle le signe d’un changement de paradigme durable dans le traitement des personnalités influentes par la justice sénégalaise ?