Don de sang : quand Pastef choisit la vie plutôt que la politique

Face à l’appel de la CNTS et au manque préoccupant de poches de sang, Pastef exhorte ses militants à se mobiliser. Un geste citoyen qui mérite d’être salué.

Il est des communiqués politiques qui font du bruit. D’autres, plus rares, font simplement du bien.

Alors que la CNTS alerte sur les difficultés liées à la disponibilité des poches de sang et appelle à la mobilisation des donneurs, une initiative mérite d’être relevée : Pastef a exhorté ses militants à se rendre dans les structures habilitées afin de donner leur sang et contribuer ainsi à sauver des vies.

Loin des querelles partisanes, des joutes verbales et des affrontements politiques qui rythment quotidiennement l’espace public, le parti invite ici ses militants à accomplir un geste d’une simplicité désarmante, mais dont la portée peut être immense : donner quelques minutes de son temps et une petite quantité de son sang pour permettre à un autre de continuer à vivre.

C’est peu pour celui qui donne.

C’est parfois tout pour celui qui reçoit.

Une poche de sang peut être une frontière entre la vie et la mort

Le sang ne se fabrique pas dans les laboratoires. Il ne s’achète pas comme un produit ordinaire. Il dépend essentiellement de la générosité des citoyens.

Derrière chaque poche collectée, il y a potentiellement une femme qui accouche, un enfant malade, une victime d’accident, un patient en chirurgie ou une personne confrontée à une urgence médicale.

Dans ces moments-là, les appartenances politiques, sociales, religieuses ou générationnelles disparaissent.

Il n’y a plus de majorité ni d’opposition.

Il n’y a plus de militant ni d’adversaire.

Il y a simplement une vie à sauver.

C’est précisément ce qui donne à l’appel de Pastef une portée particulière.

Quand un parti politique parle autrement

Sous nos cieux, les formations politiques nous ont souvent habitués à des communiqués consacrés à la vie politique : élections, remaniements, déclarations d’adversaires, débats institutionnels, stratégies de conquête du pouvoir ou réponses aux polémiques.

La communication partisane obéit généralement à une logique bien connue : défendre son camp, attaquer celui d’en face, mobiliser ses troupes ou occuper l’espace médiatique.

Il est donc suffisamment rare qu’un parti utilise sa force militante autour d’une cause aussi universelle que le don de sang pour que le geste soit souligné.

Pastef aurait pu se contenter de commenter l’appel de la CNTS.

Il a choisi d’appeler ses militants à agir.

La nuance est fondamentale.

La politique peut aussi produire du bien commun

On peut être partisan, soutenir un projet politique, défendre des convictions et, dans le même temps, reconnaître les initiatives qui servent l’intérêt général.

C’est précisément dans cet esprit qu’il convient de regarder cette démarche.

Lorsqu’un parti dispose d’une importante capacité de mobilisation, celle-ci ne devrait pas uniquement être sollicitée pendant les campagnes électorales ou lors des grands rassemblements politiques.

Elle peut également être mise au service de la communauté.

Un militant mobilisé pour une réunion politique est utile à son organisation.

Un militant mobilisé pour donner son sang peut être utile à un inconnu qu’il ne rencontrera peut-être jamais.

Et c’est là que réside toute la noblesse du geste.

Un acte citoyen avant d’être un acte politique

Il serait toutefois dommage de réduire cette initiative à une opération de communication.

Le don de sang doit rester ce qu’il est avant tout : un acte citoyen et solidaire.

Le message adressé aux militants de Pastef peut donc dépasser les frontières du parti.

les militants ont  répondue  à cet appel, d’autres Sénégalais peuvent également le faire, indépendamment de leurs convictions politiques.

Car le sang donné aujourd’hui à un patient ne lui demande pas pour qui son donneur vote.

Il ne connaît ni son parti, ni ses opinions, ni ses convictions.

Il sauve une vie.

Tout simplement.

L’exemple à suivre

Cette initiative pourrait d’ailleurs inspirer les autres formations politiques.

Pourquoi les partis ne pourraient-ils pas régulièrement organiser des campagnes de don de sang ?

Pourquoi ne pas transformer certaines mobilisations militantes en opérations citoyennes ?

Pourquoi ne pas voir dans les milliers de militants que compte chaque formation politique non seulement une force électorale, mais également une formidable réserve de solidarité nationale ?

Une journée de mobilisation politique rassemble des centaines, parfois des milliers de personnes.

Une journée de don de sang pourrait potentiellement sauver des centaines de vies.

Le calcul mérite d’être fait.

Le mérite d’un geste qui dépasse les clivages

Il ne s’agit pas ici de distribuer des bons points politiques.

Il s’agit de reconnaître une démarche qui, par sa nature même, dépasse les intérêts partisans.

Venir en aide à un patient qui attend une poche de sang est un geste noble.

Et lorsqu’un parti politique utilise son réseau militant pour encourager ce geste, cette posture mérite d’être saluée à sa juste valeur.

Dans un environnement politique souvent marqué par la confrontation, les invectives et la recherche permanente du coup médiatique, il est réconfortant de voir la politique se mettre, ne serait-ce qu’un instant, au service d’une cause qui ne connaît ni couleur, ni parti, ni camp.

Alors, au-delà de Pastef, de la CNTS et de tous les clivages politiques, le message devrait être entendu par tous :

si vous pouvez donner votre sang, faites-le.

Parce qu’une poche peut sembler insignifiante entre les mains d’un donneur.

Mais pour un patient qui attend, elle peut représenter une chance.

Et dans une société qui aspire à davantage de solidarité, voilà peut-être une politique dont nous avons tous besoin : celle qui commence par sauver des vies.

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