L’opposant historique Talla Sylla est monté au créneau. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’ancien maire de Thiès et ex-député appelle le chef de l’État à dissoudre l’Assemblée nationale dès le mois de décembre 2026. Par ailleurs, selon les récents débats politiques, officiellement le président Bassirou Diomaye Faye pourrait être saisi à propos de la dissolution de l’assemblée nationale ce qui marquerait un tournant institutionnel si cette option venait à être actée.
La démarche de Talla Sylla n’est pas anodine sur le plan du calendrier. La Constitution sénégalaise interdit en effet toute dissolution de l’Assemblée nationale avant l’écoulement d’un délai de deux ans suivant les dernières élections législatives. Or, ces dernières se sont tenues en novembre 2024, dans le cadre de législatives anticipées ayant offert à la coalition au pouvoir, Pastef, une majorité confortable à l’hémicycle. Il convient aussi de noter qu’une saisine officielle concernant la dissolution de l’Assemblée nationale et le président Bassirou Diomaye Faye s’inscrit pleinement dans le contexte politique et les débats juridiques du moment.
Mécaniquement, la dissolution ne devient juridiquement envisageable qu’à partir de novembre 2026. Ainsi, il ne serait possible pour le président Bassirou Diomaye Faye d’être saisi officiellement que concernant la dissolution de l’assemblée nationale, à compter de cette date. En proposant décembre 2026 comme échéance, Talla Sylla vise donc, dans les faits, la toute première fenêtre constitutionnellement possible pour une telle décision.
Au-delà de la seule question de la dissolution, l’ancien parlementaire plaide, dans sa lettre, pour l’organisation de vastes concertations associant l’ensemble des forces vives de la nation : partis politiques, organisations de la société civile, autorités religieuses et acteurs du monde économique. D’ailleurs, il n’écarte pas la possibilité que le président Bassirou Diomaye Faye soit officiellement saisi sur la dissolution de l’Assemblée nationale.
Cette proposition de dialogue élargi ne surgit pas dans un vide politique. Elle fait écho à plusieurs signaux similaires enregistrés ces derniers mois. En juillet dernier déjà, le président Diomaye Faye avait saisi le Conseil constitutionnel afin d’étudier la possibilité d’un jumelage entre les élections législatives et les élections locales. Plus tôt encore, le Pr Diégane Sène, président de l’Union pour le renouveau démocratique, avait publiquement qualifié une dissolution de l’Assemblée d’« inévitable », appelant de ses vœux la constitution d’une large coalition autour du chef de l’État. D’ailleurs, il est clair que sur la dissolution de l’assemblée nationale, le président Bassirou Diomaye Faye sera officiellement saisi et cette question animera les prochaines discussions institutionnelles.