Après près d’une année de procédure judiciaire, l’affaire Simon Faye connaît son épilogue. Le journaliste et rédacteur en chef de SenTV et Zik FM a bénéficié d’un non-lieu, mettant un terme définitif aux poursuites engagées contre lui pour diffusion de fausses nouvelles.
En application de l’article 177 du Code de procédure pénale, le juge du 3e cabinet du Tribunal de Dakar a rendu, le 31 mars 2026, une ordonnance de non-lieu en faveur du professionnel des médias. L’information a été confirmée par son conseil, Me Alioune Badara Fall, précisant que la décision a été officiellement notifiée à son client.
Simon Faye avait été inculpé en avril 2025, à la suite de la publication d’un article sur une plateforme du groupe D-Media. Le contenu en question évoquait une possible convocation du Premier ministre sénégalais par le président de la Côte d’Ivoire, une information qui avait suscité de vives réactions dans l’espace public et médiatique.
Interpellé par la Brigade des affaires générales (BAG), le journaliste avait été placé au cœur d’une polémique relançant le débat sur les limites de la liberté de la presse et la responsabilité des professionnels de l’information à l’ère du numérique. L’accusation de diffusion de fausses nouvelles, souvent brandie dans des contextes sensibles, pose en effet la question délicate de l’appréciation judiciaire du travail journalistique.
Avec cette ordonnance de non-lieu, la justice estime que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas suffisamment établis pour justifier un renvoi devant une juridiction de jugement. Une décision qui vient renforcer, aux yeux de certains observateurs, la nécessité de protéger l’exercice du journalisme contre des poursuites jugées parfois hâtives ou insuffisamment fondées.
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, ce dénouement constitue un signal important dans un contexte où les professionnels des médias évoluent dans un environnement de plus en plus exposé aux pressions judiciaires et politiques. Il rappelle également l’importance du respect des procédures et de la présomption d’innocence.
Reste que cette affaire laissera des traces dans le paysage médiatique sénégalais. Elle aura notamment contribué à raviver les débats sur la régulation de l’information, la vérification des sources et la responsabilité éditoriale dans un écosystème marqué par la rapidité de diffusion des contenus.
Désormais blanchi, Simon Faye retrouve pleinement sa liberté d’exercice. Mais au-delà de son cas personnel, c’est toute la profession qui est invitée à tirer les enseignements d’un dossier emblématique des tensions entre justice, politique et médias.
Mariata beye pour sunugal 24