Les familles de plusieurs dizaines de Sénégalais détenus au Maroc pour des faits liés à l’émigration irrégulière demandent aux autorités sénégalaises d’accélérer leur transfèrement au Sénégal. Elles se regroupent au sein du Collectif national des parents de détenus sénégalais du Maroc. Par conséquent, les proches souhaitent que leurs fils puissent terminer leurs peines dans les prisons sénégalaises.
La demande s’appuie sur la convention d’assistance aux détenus et de transfèrement des personnes condamnées. Cette convention a été signée entre le Sénégal et le Maroc en 2004. Sa ratification par le Sénégal en 2025 a ouvert la voie à son application. Selon des sources concordantes, une cinquantaine de détenus sénégalais auraient déjà obtenu un avis favorable des autorités marocaines pour leur transfèrement.
Parmi eux, certains purgent de lourdes peines, allant de dix à trente ans. En revanche, quatre Sénégalais auraient été condamnés à la réclusion à perpétuité. Pour les familles, le principal obstacle se situerait désormais du côté sénégalais.
Le collectif a ainsi lancé un appel au président Bassirou Diomaye Faye et au ministère de la Justice pour accélérer les démarches. Par ailleurs, les parents disent vivre une situation particulièrement difficile. Ils sont privés de la possibilité de rendre régulièrement visite à leurs proches incarcérés à des milliers de kilomètres.
À Rufisque, Adama Mbengue, président du collectif, mène depuis plusieurs années le combat pour le retour de son fils. Celui-ci a été condamné à dix ans de prison après avoir été arrêté en 2022. Il avait tenté de rejoindre l’Espagne. D’autres familles racontent des parcours similaires. Ces parcours sont marqués par l’éloignement, les difficultés financières et l’angoisse de voir leurs enfants passer de longues années derrière les barreaux.
Malgré leur lassitude, les familles continuent de croire à l’aboutissement des procédures. Elles demandent simplement à l’État sénégalais de mettre en œuvre la convention avec le Maroc afin de permettre aux détenus concernés de purger le reste de leurs peines auprès de leurs proches.