Invité à un débat public par son prédécesseur à la Primature, Ousmane Sonko, le Premier ministre Al Amine Lo a tranché net. Intervenant lors d’un conseil interministériel consacré au financement de la campagne de commercialisation agricole, le chef du gouvernement a opposé une fin de recevoir catégorique à cette proposition, préférant mettre l’accent sur les urgences sociales et la lutte contre la vie chère.
Pour le chef de l’Exécutif, l’heure n’est pas aux joutes verbales mais à l’action concrète face aux attentes pressantes des populations sénégalaises.
« Le quotidien des Sénégalais avant les discours »
S’exprimant devant ses ministres, Al Amine Lo a tenu à rappeler la feuille de route prioritaire confiée à son équipe :
« J’ai particulièrement axé mon action sur la résolution des difficultés des Sénégalais parmi mes 5 engagements. Une part importante de cet engagement porte sur la vie chère et en particulier l’alimentation, c’est-à-dire le panier de la ménagère. Nous devons donc donner les moyens à l’agriculture, à l’élevage et à la pêche d’être à la hauteur de nos ambitions », a-t-il affirmé.
Une pique voilée contre les blocages
Déplorant toute tentative de paralysie de l’appareil d’État, le Premier ministre a recadré le débat politique en taclant les rivalités en cours :
« Voilà les attentes des Sénégalais qui ne se résolvent ni par des discours et blocages institutionnels, ni par des luttes syndicales déconnectées des réalités du Sénégal profond. Les attentes légitimes commandent l’action de mon gouvernement, qui est résolument tourné vers le travail, c’est-à-dire le quotidien des Sénégalais. »
Et de conclure, fermant définitivement la porte à un duel médiatique avec Ousmane Sonko :
« En ma qualité de chef du gouvernement, mon temps et mes forces intellectuelles et physiques sont mobilisés sur ces urgences, plutôt que sur des débats qui ne disposent d’ailleurs que d’une seule enceinte institutionnelle : le Parlement. »
Plus de 200 milliards FCFA mobilisés pour le monde rural
C’est lors de ce même conseil interministériel qu’Al Amine Lo a abordé la question cruciale du financement de la campagne de commercialisation agricole, dont les besoins globaux sont évalués à plus de 200 milliards de francs CFA.
Cette enveloppe stratégique vise directement à garantir des revenus décents aux agriculteurs et à stabiliser durablement les prix des denrées de première nécessité sur le marché national. En plaçant l’économie rurale et le pouvoir d’achat au cœur de son agenda, le gouvernement entend prouver que sa priorité reste sur le terrain.
Par MATAR BAYA DIOP
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