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Boy Djiné : Le retour de « l’as de l’évasion »

« Ici, tout le monde sait » : Boy Djiné lance de graves accusations contre l’administration pénitentiaire

L’étau se resserre à nouveau autour de Baye Modou Fall, alias Boy Djiné. Déjà derrière les barreaux depuis 2023 pour deux dossiers en attente, le célèbre détenu fait face à une troisième affaire, cette fois pour détention illégale d’objets connectés en milieu carcéral. Un rebondissement qui démasque, selon lui, un vaste système de corruption au sein même du Camp Pénal.

L’affaire, révélée par Les Échos, place une nouvelle fois Boy Djiné sous les projecteurs. Alors que son procès devait se tenir ce mercredi, le tribunal a préféré renvoyer l’audience au 15 juillet prochain. Le motif ? Une fouille impromptue dans sa cellule d’isolement (chambre 1) qui a permis aux gardes pénitentiaires de mettre la main sur deux téléphones portables, une carte mémoire et un adaptateur.

« Le téléphone est mon seul lien avec la vie »

Face aux enquêteurs, le détenu n’a pas cherché à nier les faits. S’il a reconnu la propriété d’un des appareils, affirmant l’avoir fait introduire frauduleusement, il a désigné un ancien codétenu comme propriétaire du second. Mais c’est dans sa défense que Boy Djiné a fait voler en éclats le silence habituel des prisons.

Loin de jouer profil bas, il a dénoncé une hypocrisie généralisée. « C’est vrai, l’interdiction existe, mais ici, tout le monde possède un téléphone », a-t-il lâché, assurant que ces découvertes ne débouchent d’ordinaire sur aucune sanction disciplinaire, l’administration se contentant de confisquer les objets. Pour lui, ce téléphone est une bouée de sauvetage : « Je suis en isolement, je suis seul. C’est le seul outil qui me permet d’exister et de parler à mes proches. »

La bombe des 40 000 francs

Le véritable coup d’éclat de sa déposition réside dans ses accusations contre l’administration pénitentiaire. Boy Djiné affirme sans détour que les téléphones entrent dans l’enceinte de la prison avec la complicité active de certains gardes, moyennant une « taxe » de 40 000 francs CFA.

Invité par les enquêteurs à dénoncer les agents corrompus, le détenu a opposé une fin de non-recevoir catégorique. « Ce n’est pas à moi de vous lister les noms, tout le monde sait ce qui se passe ici », a-t-il martelé, refusant de jouer le jeu de la délation dans un système qu’il qualifie de gangrené.

Alors que son rendez-vous avec la justice est fixé au 15 juillet, Boy Djiné, plus provocateur que jamais, réussit une fois de plus à transformer une simple affaire de détention d’objets interdits en un procès public des méthodes de la pénitentiaire.

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