C’est une panne qui paralyse l’un des cœurs battants de l’administration sénégalaise. Depuis quelques heures, la production des Cartes Nationales d’Identité (CNI) est à l’arrêt total. Officiellement, la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) évoque une « alerte technique », mais dans les coulisses du numérique, le mot « piratage » circule déjà avec insistance.
LE SYSTÈME À L’ARRÊT : UNE PANNE AUX ORIGINES FLOUES
Le verdict est tombé via un communiqué laconique : le système informatique de la DAF est hors service. Pour des milliers de Sénégalais en attente de leurs précieux documents de voyage ou d’identification, le temps s’est figé.
Le responsable de la structure a confirmé qu’une investigation interne est actuellement en cours. Si le terme « dysfonctionnement » est mis en avant pour rassurer, la mobilisation exceptionnelle des équipes techniques suggère une crise d’une ampleur plus sérieuse qu’une simple mise à jour défaillante.
PROTECTION DES DONNÉES : LE DISCOURS DE RASSURANCE
Face à l’inquiétude légitime des citoyens concernant leurs données biométriques, les autorités ont immédiatement dressé un bouclier de communication :
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Intégrité des fichiers : La DAF affirme que les informations personnelles des usagers n’ont subi « aucune altération ».
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Confidentialité : Aucune fuite massive de données n’est à déplorer selon les premiers diagnostics officiels.
L’objectif est clair : éviter tout mouvement de panique alors que la CNI est le pivot de la sécurité nationale et de l’accès aux services bancaires et administratifs.
ATTENTION, ZONE DE TURBULENCES : DYSFONCTIONNEMENT OU PIRATAGE ?
C’est la question qui brûle toutes les lèvres. Alors que la DAF reste prudente, plusieurs sources médiatiques et experts en sécurité informatique évoquent une possible attaque par rançongiciel (ransomware) ou une intrusion malveillante.
Pour l’instant, la piste de la cyber-attaque n’a été ni confirmée, ni formellement démentie par le sommet de l’État. Ce mutisme alimente les spéculations sur la vulnérabilité de nos infrastructures numériques stratégiques en cette période de transition technologique.
L’OEIL DU REPORTER
Si la DAF parvient à rétablir le service dans les plus brefs délais, l’incident pourra être classé au rayon des aléas techniques. Toutefois, si la paralysie perdure, la thèse du piratage gagnera en crédibilité, posant un défi majeur de souveraineté numérique au gouvernement. Une chose est sûre : cet incident souligne l’urgence absolue de renforcer les « murailles de feu » de notre administration. Le Sénégal ne peut pas se permettre d’être un colosse aux pieds d’argile informatique.
Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24