Le football est un langage universel, mais certains peinent encore à le parler sans préjugés. Avant le choc Allemagne-Côte d’Ivoire du 20 juin, l’ancienne légende de la Mannschaft, Bastian Schweinsteiger, a dérapé, qualifiant le jeu des Éléphants de « peu orthodoxe » et « sauvage ». Une sortie méprisante qui a brisé l’idole aux yeux d’Emerse Faé.
La chute d’une idole
Pour Emerse Faé, le coup est rude. Le sélectionneur des Éléphants n’a jamais caché son admiration pour le milieu de terrain allemand, au point d’être surnommé « Bastian » par ses proches durant sa formation. Mais cette affection a volé en éclats devant les commentaires aux relents coloniaux de l’ancien champion du monde.
« C’est vrai que quand j’ai entendu ses commentaires racistes, j’ai été déçu de l’homme », a confié Faé lors de sa conférence de presse ce jeudi, avec cette dignité qui le caractérise. Le constat est amer : derrière le joueur de génie se cachait une vision du football africain archaïque et condescendante, réduite à une simple dimension physique.
Le « football sauvage » contre la réalité du terrain
En évoquant un football « africain » qui serait « peu tactique » et « sauvage », Schweinsteiger a non seulement heurté l’Afrique, mais il a surtout étalé son ignorance des évolutions tactiques modernes du continent.
Plutôt que d’entrer dans une polémique stérile, Emerse Faé a choisi l’arme la plus noble : la preuve par le jeu. « Je n’ai aucune possibilité de changer ses propos », a-t-il affirmé, lucide. Son ambition est désormais ailleurs : « Montrer sur le terrain que le football africain, ce n’est pas seulement le physique, mais c’est aussi beaucoup de technique et de tactique. »
Une leçon de classe
Faé a transformé une attaque personnelle et raciste en un défi sportif. En refusant de se laisser enfermer dans le rôle de la victime, il impose une exigence de respect. Le sélectionneur ivoirien ne demande pas des excuses, il exige une reconnaissance de la compétence.
Si Bastian Schweinsteiger a sans doute gagné des trophées sur le terrain, il a perdu, ce jour-là, une partie de son aura. Face à la posture méprisante de l’Allemand, Emerse Faé a répondu avec une autorité et une élégance qui rappellent que le football, qu’il soit européen ou africain, n’a pas besoin de « clichés sauvages », mais de respect et de professionnalisme.
La messe est dite : le terrain tranchera.
Cette sortie polémique de Schweinsteiger n’est-elle que le reflet d’une méconnaissance profonde, ou le signe persistant d’un complexe de supériorité toujours ancré dans certaines sphères du football européen ?
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