Le geste est administratif, mais sa portée est éminemment politique. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, figure parmi les responsables ayant satisfait à l’obligation légale de déclaration de patrimoine auprès de l’Office national de lutte contre la Corruption (OFNAC).
L’information ressort du registre officiel publié par l’organe de contrôle, qui recense les personnes assujetties ayant effectivement accompli cette formalité. Une inscription qui place le chef du Parlement parmi les responsables institutionnels ayant choisi de se conformer à cette exigence de transparence.
Dans une période où la question de la reddition des comptes occupe une place centrale dans le débat public sénégalais, cette démarche ne passe évidemment pas inaperçue.
Une obligation légale, mais aussi un acte politique
La déclaration de patrimoine n’est pas une faveur accordée au citoyen. Elle constitue une obligation légale pour les responsables entrant dans son champ d’application.
Mais lorsqu’elle concerne le président de l’Assemblée nationale, deuxième institution de la République, sa portée dépasse le simple accomplissement d’une formalité administrative.
Elle traduit une volonté de se soumettre aux mêmes exigences de transparence que celles imposées aux autres détenteurs de responsabilités publiques.
Le message est simple : exercer le pouvoir implique aussi d’accepter le contrôle.
La publication de la liste par l’OFNAC permet précisément de distinguer les responsables ayant rempli cette obligation de ceux qui demeurent en situation de défaillance.
Dans ce dispositif, l’apparition du nom d’Ousmane Sonko constitue donc un élément objectivement vérifiable du suivi institutionnel de son patrimoine.
Le chef du Parlement en règle
Selon le registre officiel de l’OFNAC, Ousmane Sonko figure parmi les responsables parlementaires ayant déposé leur déclaration.
Cette présence prend une dimension particulière lorsqu’on considère la place occupée par le président de l’Assemblée nationale dans l’architecture institutionnelle du pays.
À la tête de la représentation nationale, il dirige une institution dont la mission première est notamment de voter les lois et de contrôler l’action du Gouvernement.
La cohérence veut donc que ceux qui exercent cette mission de contrôle soient eux-mêmes disposés à se soumettre aux mécanismes de transparence prévus par la loi.
Ousmane Sonko a déposé sa déclaration de patrimoine.
La première exigence de transparence est remplie.
Reste désormais la plus importante : faire en sorte que ce mécanisme de contrôle s’applique à tous, sans exception, et que la reddition des comptes devienne une pratique institutionnelle durable plutôt qu’un simple rendez-vous administratif.
Dans une République qui revendique une nouvelle culture de gouvernance, c’est probablement là que se jouera la véritable portée de ce dépôt.