Ils arrivent sur la pointe des pieds, ils repartent avec les honneurs et surtout, un chéquier bien garni. Le départ des députés suppléants de l’hémicycle sénégalais, surnommés les « coiffeurs », ne se fera pas dans le dénuement. Révélations sur un dispositif de sortie de crise financière parfaitement huilé.
La manœuvre est légale, mais son timing intrigue. Une Instruction générale signée par El Malick Ndiaye, juste avant son départ du perchoir, a gravé dans le marbre les modalités de fin de suppléance. Résultat : une « prime de départ » d’au moins six mois de salaire pour chaque député sortant, réglée rubis sur l’ongle en moins de 30 jours.
Mais le confort ne s’arrête pas là. Le Bureau de l’Assemblée joue les assureurs : garanties bancaires maintenues et passeports diplomatiques conservés. Pour les observateurs de la vie publique, ce dispositif souligne une réalité persistante au sein du pouvoir législatif : le poids des avantages acquis, qui résiste aux alternances et aux renouvellements. Pour les bénéficiaires, c’est une fin de mandat en toute sérénité. Pour le contribuable, c’est le coût caché du retour des leaders à l’Assemblée.