Assemblée Nationale : Guy Marius Sagna alerte sur la situation des travailleurs et réclame des audits d’urgence à la CSS et à l’IPRES

À l’occasion de l’examen des projets de loi portant modification du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, le député Guy Marius Sagna s’est une nouvelle fois illustré par une prise de parole incisive. Dénonçant l’absence d’audits récents au sein de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS) et de l’IPRES, le parlementaire a interpellé le gouvernement sur l’urgence d’un contrôle strict et d’un respect des droits des travailleurs.

Dans une ambiance électrique au sein de l’Hémicycle, la séance plénière consacrée aux réformes sociales a servi de tribune au député Guy Marius Sagna pour passer au crible la gestion du monde du travail au Sénégal.

Caisses sociales : « Aucun audit depuis plus de dix ans ! »

Premier pavé dans la mare jeté par le parlementaire : la gestion des institutions de prévoyance sociale. Selon Guy Marius Sagna, la Caisse de Sécurité Sociale n’a plus fait l’objet d’un audit de la Cour des Comptes depuis 2013, tandis que le dernier audit de l’IPRES remonte à 2014.

« Il est inacceptable que des institutions gérant des milliards appartenant aux travailleurs ne fassent plus l’objet d’audits réguliers. Le renouvellement des conseils d’administration et la transparence doivent être la règle », a martelé le député face au ministre du Travail.

Entraves aux inspections du travail et défaillances sur les chantiers

Poursuivant son réquisitoire, Guy Marius Sagna a dénoncé l’entrave au travail des inspecteurs du travail sur certains sites stratégiques, notamment à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), où des badges d’accès leur seraient refusés depuis deux ans. « C’est une violation flagrante de l’article 197 du Code du travail. L’AIBD est un lieu de travail et l’inspection doit pouvoir y exercer son contrôle sans restriction », a-t-il rappelé.

Le député a également attiré l’attention du gouvernement sur les risques mortels encourus par les ouvriers du bâtiment sur les grands chantiers de la capitale : « À Dakar, des immeubles de 10, 20 à 25 étages sortent de terre sans que la sécurité des travailleurs ne soit garantie. Où sont les contrôles ? »

Conflits sociaux en souffrance et grèves de la faim

Interpellant le gouvernement dans le cadre de la solidarité gouvernementale, le parlementaire est revenu sur plusieurs dossiers sociaux pendants : le calvaire des ex-travailleurs de la SENELEC, la situation des employés des Fermes de la Teranga ou encore la persistance des grèves de la faim de travailleurs en quête de justice.

S’il a salué l’intégration de certains amendements apportés au texte de loi (notamment sur la réglementation des Contrats à Durée Déterminée – CDD), Guy Marius Sagna a appelé l’Exécutif à dépasser les promesses politiques pour traduire les textes en actions concrètes sur le terrain.

Related posts

Code du travail : Amadou Bâ accuse l’opposition de déserter les débats

OFFICIEL : PATRICK VIEIRA REMPLACE PAPE THIAW À LA TÊTE DES LIONS

Assemblée nationale : Les députés se déchirent autour du nouveau Code du travail entre compétitivité économique et protection des salariés